Années 80 : le siècle de Gainsbourg se barre.

Qu’le siècle de Gainsbourg se barre (oh-oh-oh-oh)
Le siècle de Gainsbourg se barre (oh-oh-oh-oh)
Gainsbourg se barre, oh oh se barre
Gainsbourg se barre, oh oh se barre 
(extrait de la chanson « Le siècle de Gainsbourg se barre » de Lisa Gamin, 1986)

 

L’année 2016 fut une année désastreuse pour la génération 80, voyant une hécatombe de personnalités marquantes de la décennie 70-80 quittant notre « génération désenchantée » pour rejoindre le territoire des ombres. Citons, pèle-mêle, Michel Delpech, Michel Galabru, David Bowie, Alan Rickman (inoubliable méchant de « Piège de Cristal »), Umberto Eco (la bibliothèque du « Nom de la Rose » se retrouvant bien vide), George Kennedy (inoubliable acteur de la série catastrophe des « Airport »), Nancy Reagan, Alain Decaux, Jean-Pierre Coffe, Prince (qui, en 1989, remit la Batmania au gout du jour grâce à une Batdance endiablée), André Rousselet (fondateur de la chaîne Canal +, qui, de 1984 à 2000, sous l’ère Lescure – De Greef, sera le symbole d’une télévision libre politiquement incorrecte), Mohamed Ali (sans qui Stallone n’aurait jamais eu l’idée du personnage de Rocky), Bud Spencer (le roi du coup de poing sur le crane), Michael Cimino (pour lequel s’ouvrit « La porte du Paradis »), Michel Rocard, Pierre Tchernia, George Michael, Carrie Fisher, Claude Gensac (la « Biche » de De Funès)… Une liste qui nous Castro l’humeur.

Petite séquence (du spectateur ?) dans un style « bon vieux temps » sur une décennie que la génération Wilkinson (la génération du lisse) ne peut vraiment comprendre, si ce n’est au travers de la tournée 80 où de « vieux » chanteurs tentent de réveiller une période qui sera, au même titre que la décennie 60, synonyme d’insouciance avant que les années 70 et 90 ne nous fassent revenir sur Terre.

Les années Strange et l’age d’or des vidéoclubs :

Les années 80 sont une période de chasse aux trésors où l’on devait faire le tour des braderies, des brocanteurs, des libraires d’occasions, afin de dénicher les exemplaires des Strange, Nova, Titans et autres publications Lug qui manquaient dans nos collections Marvel. Loin de l’époque actuelle où tout se trouve sur le net grâce à un clic facile, l’époque était une quête perpétuelle de l’objet rare, course au trésor où le plaisir d’avoir déniché l’exemplaire manquant durait longtemps, loin de l’époque de surabondance actuelle où le plaisir de trouver l’objet rare ne dure que le temps d’un clic avant de chercher autre chose, le cul collé à la chaise, sans même avoir le temps d’apprécier la découverte. Une quête qui se retrouvait aussi dans ces temples qu’étaient les vidéoclubs où l’on cherchait la vidéocassette du film le plus déviant possible (aidé par nos exemplaires de « L’Ecran Fantastique », « Mad Movies » ou de « Vidéo 7″ avec le fameux cahier détachable central consacré au porno, à une époque où les actrices n’avaient pas honte de leur corps et où Brigitte Lahaie, Marilyn Jess ou Florence Guérin exhibaient un physique non siliconé, aux poils pubiens, voir aisselliens, assumés, n’ayant pas de complexe à montrer un peu de graisse plutôt appétissante, loin des « poulets déplumés rachitiques » qui font fantasmer actuellement). Je me souviens de la lecture de Strange 204 de décembre 1986 voyant la mort de Sasquatch et la quête pour retrouver son âme dans l’au delà que j’associe aux paroles de la chanson « Rien que pour toi » de François Feldman dont les paroles semblaient faire écho à la lecture de ce numéro : « Je lèverai des foules et des armées de rebelles. J’ouvrirai l’océan, j’déchirerai le ciel. Je défierai les dieux pour qu’ils te fassent éternelle, Oui, pour toi, rien que pour toi. »

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Les années Avoriaz et une certaine liberté sexuelle :

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Nostalgie de l’époque où la station d’Avoriaz se transformait, grâce à une architecture avant gardiste, et à une médiatisation qui ferait pleurer d’envie le festival de Gerardmer, en haut lieu de fantasmes pour le gamin qui s’émerveillait devant le Temps X des Bognanoff (qui n’avaient pas encore repris leur apparence extraterrestre à l’époque) et les aventures de Goldorak (100 % d’audience à l’époque où Actarus passait dans Récré A2, l’émission avec Dorothée dont le Club Dorothée ne sera qu’une pale parodie). Le palmarès du festival laisse songeur : Spielberg, Lynch, Cameron, Cronenberg ou Peter Jackson seront révélés au grand public dans une station de ski où l’on pouvait croiser le Robocop de Paul Verhoeven au bar du coin. Les Grand Prix témoignent de la richesse du festival : Duel, Soleil Vert, Phantom of the Paradise, Carrie au bal du diable, Le cercle infernal, Patrick, C’était Demain, Elephant Man, Mad Max 2, Dark Crystal, L’ascenseur, Terminator, Dream Lover, Blue Velvet, Hidden, Faux Semblants, Lectures Diaboliques, Les Contes de la Nuit Noire, L’Evasion du Cinéma Liberté, et Braindead. Des films que tout les amateurs de fantastiques se doivent de voir, témoignant d’une époque plus tolérante, au niveau des médias mainstream, et où mêmes les femmes nues ne dérangeaient pas. Témoin : la fameuse playmate passant le samedi dans l’émission de Collaro juste avant le journal de 20 heures devant le regard émerveillé d’enfants qui trouvaient cela plus passionnant que le Nounours de jadis. « Bonne nuit les petits ».

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L’actrice Florence Guérin (star du film « Le Déclic » de Jean-Louis Richard, 1985) découvrant les joies du zapping permettant de choisir entre les six chaines de télévision. Putain, six chaines ! Comment va t’on faire pour tout voir ???

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La sublime Fiona Gélin (fille de…) qui interprète le premier rôle féminin dans « Frankenstein 90″ au coté de Jean Rochefort en Victor Frankenstein et Eddy Mitchell dans le rôle du monstre. Un film d’ Alain Jessua daté de 1984 et qui transport le fameux récit de Mary Shelley dans un futur proche (1990, donc !). Si « Frankenstein créa la femme », comme dans le film éponyme de Terence Fisher, de 1967, avec Peter Cushing, reconnaissons, en voyant la belle, qu’il a fait du bon boulot.

 

Ou est passé l’esprit de Noël ?

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Les années 80 sont, également, une époque où l’esprit de Noël et du Nouvel An étaient encore synonyme de magie, loin de cette polémique crasseuse autour des crèches, qui, jusqu’à quatre ou cinq ans, ne posaient pas de problèmes dans le pays jusqu’à ce qu’au nom d’une laïcité qui ressemble plus à de l’athéisme, certains politiques et citoyens n’en décident autrement. Ainsi, les fêtes de Noël se trouvent mises en péril, les chaines de télévision devant éviter un maximum les programmes trop connotés religieux dans une programmation privilégiant le Père Noël, ce qui est ironique, vu que le papa Noël, descendant du ciel, est lui même une adaptation de Saint Nicolas à la sauce commerciale. Mettant également en péril le symbole du Père Noël. Prenons la programmation du jour du 24 décembre 2016. On trouve, sur TMC une émission intitulée : « Noël dans le plus grand parc d’attractions d’Europe », consacré, comme le titre ne l’indique pas, au nom de la stupide loi interdisant de citer explicitement des marques, au parc Disneyland, visiblement, comme Voldemort, un parc « dont on ne doit pas prononcer le nom ». On se retrouve donc avec un programme avec un cast member dont l’insigne Disneyland est flouté, qui nous fait visiter les attractions « Pirates des Caraïbes » et « It’s a small world » pendant qu’une voix off s’extasie devant la magie Disney dans un parc « dont on ne doit pas prononcer le nom ». Absurde et loin de la magie de Noël que le reportage voulait mettre en évidence. Tchernia doit se retourner dans sa tombe. Autre exemple, le programme de réveillon de TF1 qui n’est autre que le jeu « Les 12 coups de midi » rebaptisé « Les 12 coups de Noël » du fait d’une décoration à base de sapins, sans crèche, au nom de cette connerie de laïcité (comprendre athéisme), et où un zigoteau costumé en père Noël va passer toute l’émission à gesticuler sur un traîneau en carton pour justifié le coté « programme de réveillon » d’une émission qui n’a rien à foutre dans une programmation de soirée pré 25 décembre. Prenons le jour même de Noël, on trouve le matin une émission pour la jeunesse où des comédiens de « Plus belle la vie », émission préférée des retraités, cherchez l’erreur, revisitent, je cite « Télé Star numéro 2099″, l’univers de « Game of Thrones », série violente à base de femmes nue, à connotation satanique, donc très éloignée d’un programme pour enfants de Noël. Et, pour enfoncer le clou, on trouvera sur France 2, un « Secret d’Histoire » consacré à… Cléopâtre. Donc, le 25 décembre, on célèbre la naissance de la reine d’Egypte. Moi qui croyait qu’on célébrait la naissance d’un gars dans une étable, au milieu de Rois Mages, si, si, vous voyez pas ? Le gars qui vous accueille sur une croix lorsque vous visitez une église, l’été, pour prendre un peu la fraîcheur. Un gars qui, au nom de la laïcité (comprendre athéisme) « l’on ne doit pas prononcer le nom ». Pas de doutes : au niveau fêtes de Noël, les années 80 c’était mieux ! Je suspecte même certaines émissions d’êtres enregistrées durant l’été…

SÉRIEUX : LES REDIFFUSIONS FACILES DE SHRIEK OU STUART LITTLE COMMENCENT A GONFLER !!!

 

Bref, des années que la génération actuelle devrait redécouvrir afin de retrouver une certaine insouciance, quitte à envoyer promener cette censure qui devient oppressante et nous comprime, empêchant le monde d’avancer.

 

Étrange : dans la nuit du 4 au 5 février 2017, j’ai rêvé que Roger Moore se présentait à l’élection présidentielle française et que les autres candidats avaient adoptés l’angle d’attaque suivant : « Si il est élu, on va devoir l’appeler « Son Altesse ». Surement un effet de la polémique Fillon du moment. Polémique prenant place dans un contexte où les français s’apprêtent à voter massivement, afin de contrer un parti extrême, pour un jeune candidat placé par le Bilderberg. Le Nouvel Ordre Mondial est en marche ! « En politique, rien n’arrive par accident. Si quelque chose se produit, vous pouvez parier que cela a été planifié de cette façon. » (Franklin Delano Roosevelt (1882-1945), 32e président américain)

La série noire continue en 2017 avec les décès de Richard Hatch, immortel interprète d’Apollo dans la série Galactica d’origine et du mythique « War Doctor » John Hurt, connu pour ses rôles dans Alien, 1984, et, bien sur, Elephant Man. L’acteur étant décédé, ironie de l’histoire, cinq jours après l’investiture de Donald Trump. Trump, Elephant Man. Trompe, éléphant : comme si la Mort, sur son grand ordinateur, venait, encore une fois, de rendre hommage, à sa façon, à un personnage célèbre.

 


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