Sara, fille du Christ, se met à nu.

Selon le livre de Dan Brown, le célèbre code de Da Vinci, Jésus aurait eu une fille prénommée Sara (ou Sarah) qui serait arrivée avec sa mère aux Saintes-Marie-de-la-mer. Ce que Dan Brown ne dit pas, en revanche, c’est que la coquine était plutôt exhibitionniste comme le prouve ce récit de Guy Breton extrait de son livre « Curieuses histoires de l’histoire » datant de 1972 :

« Il y a près de deux mille ans, un bateau sans voile ni mat apparaissait en vue des cotes de Camargue. Il avait à son bord trente-deux personnes qui, toutes ou presque, ont trouvé place dans le calendrier.

Trente-deux saints !

Cargaison exceptionnelle dont le débarquement est commémoré chaque année en grande pompe les 24 et 25 mai au petit village qui a pris le nom des Saintes-Marie-de-la-mer.

Tout le monde a lu des reportages sur le fameux pèlerinage des Gitans au tombeau de Sara l’Égyptienne, et les rites observé alors sont bien connu. Ce qui l’est moins peut-être, c’est l’histoire des saintes héroïnes de la fête : Marie Jacobé, Marie Salomé et leurs compagnons de voyage. Car, dans ce bateau où « Dieu, comme l’a dit Mistral, tenait lieu de boussole », sait-on qu’il y avait, entre autres, Marie-Madeleine la pécheresse, Marthe, sa sœur, Sidoine, l’aveugle miraculé par le Christ, Maximin, et Lazare, le ressuscité, et que tous aujourd’hui reposent en terre de France ?

Leur histoire est belle comme une légende.

Dix jours après l’Ascension du Christ, il y avait dans une maison de Jérusalem quelques personnages qui cachaient mal une assez vive inquiétude.

Inquiétude légitime, d’ailleurs, puisque l’un d’eux était menacé de mort par une foule en furie. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, on voulait le tuer parce qu’il avait été ressuscité…

Il s’appelait Lazare…

Il faut dire que les disciples du Christ étaient depuis quelque temps victimes des plus atroces persécutions.

Aussi les compagnons de Lazare étaient-ils également réclamés par la foule qui voulait s’offrir un beau massacre. Il y avait là Marthe et Marie-Madeleine, sœurs du miraculé, Maximin, Sidoine, Marie Salomé, Marie Jacobé, sœur de la Vierge, Sara, leur petite servante égyptienne, et quelques autres.

Tapis dans l’ombre d’une pièce hermétiquement close, ils comptaient demeurer cachés « jusqu’à épuisement de la haine » qui les entourait. Au soir pourtant, Marie-Madeleine se glissa furtivement hors de la maison pour aller cherche de l’eau. Les ennemis du Christ guettaient. Ils s’emparèrent d’elle et l’entraînèrent malgré ses cris. Alertés par le bruit, Lazare et ses amis sortirent imprudemment de leur cachette. Arrêtés aussitôt, ils furent conduits devant le grand prêtre qui les admonesta, mais refusa de les condamner à mort.

- Disparaissez ! leur dit-il, ici je ne peux répondre de votre vie…

Dès qu’il fut libre, tout le groupe s’empressa de fuir Jérusalem.

Passant sur un chemin où, quelques semaines plus tôt, Jésus avait fait une entrée triomphale dans la ville, Marie-Madeleine remarqua un rameau d’olivier qui traînait dans la poussière. Peut être avait-il servi à saluer le Maître. Elle le ramassa et le cacha dans sa tunique.

Au groupe qui fuyait, vinrent se joindre peu à peu d’autres disciples du Christ qui ne se sentaient pas en sécurité : Joseph d’Arimathie, qui portait avec lui le précieux Saint-Graal contenant un peu du sang de Jésus, puis Trophine, Cléas, Marcelle etc.

Leurs bagages étaient maigres. Confiants en la bonté de Dieu, ils ne s’étaient chargés d’aucune provision et n’emportaient, outre le Saint Graal, que des reliques : trois têtes de Saints Innocents et celle de Saint-Jacques.

Après bien des jours, ils arrivèrent au bord de la mer et se reposèrent sur une plage. Marie-Madeleine, par jeu, planta dans le sable le rameau d’olivier qu’elle avait ramassé à Jérusalem. Aussitôt, un prodige se produisit : le rameau grandit, des racines l’accrochèrent au sol et ses branches, déployées en un instant, se chargèrent de fruits savoureux que les voyageurs affamés dévorèrent avec entrain. Après quoi, ayant apaisé leur faim, ils s’endormirent.

Des cris les réveillèrent :

- Quel est cet arbre poussé en une nuit ?

Une foule de gens hostiles les entourait. Pressés de questions, les chrétiens racontèrent comment le miracle s’était produit et durent avouer qu’ils venaient de Jérusalem. Reconnus pour être des disciples du Christ, ils furent insultés et condamnés immédiatement à un supplice affreux : la mort par la faim. On les mit dans un bateau que l’on poussa vers le large après en avoir détruit les mats, les rames et le gouvernail.

Déjà la barque filait sur la mer en dépit des vagues qui eussent du la ramener vers les rochers, quand les chrétiens entendirent un cri : la jeune Sara était restée à terre et appelait au secours. Marie Salomé lança son manteau à sa servante qui s’en servit comme d’un radeau.

Un instant décontenancés par ce nouveau miracle, les ennemis du Christ furent soulagés en voyant l’embarcation s’en aller finalement vers l’horizon et emporter ses passagers vers une mort atroce…

Mais les chrétiens ne moururent point. Protégés par Dieu, ils arrivèrent après des jours et des semaines de solitude en vue d’une cote où des hommes répondirent à leurs appels.

C’étaient des pécheurs de Camargue. Se portant au devant du bateau, ils déclarèrent aux rescapés de cette étrange aventure, qui déjà se félicitaient d’être sauvés, qu’ils n’entreprendraient de les amener à terre que contre un salaire…

Les pauvres qui ne possédaient rien furent bien embarrassés. Fort heureusement, Sara eut alors une idée très généreuse. Se plaçant à l’avant du bateau, elle se déshabilla lentement et se montra bientôt entièrement nue aux Provençaux émerveillés. Comme elle était fort belle, ils se jugèrent largement payés et conduisirent le bateau jusqu’au port.

HairyPussy16-03

Photo de reconstitution non certifiée d’époque.

A peine débarqués, les chrétiens érigèrent un autel à coté duquel jaillit aussitôt une source d’eau douce qui coule encore aujourd’hui dans l’église des Saintes-Maries-de-la-Mer.

Après quoi, ils entreprirent de convertir les indigènes à la religion du Christ. La douceur des nouveaux venus, les miracles que les saints ne se lassaient pas d’accomplir, firent bientôt déserter, au profit de l’oratoire chrétien, le temple païen élevé à Mithra où l’on immolait périodiquement des taureaux pour se baigner dans leur sang.

met-art_12_02129

Photo de reconstitution non certifiée d’époque.

Puis les saints se séparèrent pour aller évangéliser le reste de la Provence. Trophime partit pour Arles dont il devint le premier évêque, d’autres gagnèrent Montpellier, Nîmes, Narbonne…

Quant à Lazare, Marie-Madeleine, Marthe, Maximin, ils s’embarquèrent pour Marseille, ne laissant en Camargue que Marie-Jacobé, Marie Salomé et Sara.

Après une escale à l’est du cap Couronne en un lieu nommé depuis « Sainte Terre », Lazare arriva à Marseille qu’il évangélisa et dont il devint le premier évêque.

Un jour, Marie-Madeleine quitta son frère pour aller se retirer dans une chaîne de montagnes qui domine toute la basse Provence : la Sainte-Baume. Là, elle se réfugia dans une grotte où elle vécut trente ans dans la méditation. Le souvenir de sa vie dissipée la faisait beaucoup pleurer.

Afin de la consoler, des anges venaient chaque jour la visiter et, pour la distraire un peu sans doute, l’élevaient dans les airs et la berçaient au-dessus de la montagne nommée le Saint-Pilon.

A l’approche de sa mort, elle appela Maximin qui recueillit son dernier soupir et la fit ensevelir en un lieu qui devint Saint-Maximin où elle repose toujours.

Marthe, elle aussi, quitta Lazare. Remontant le Rhône, elle arriva dans une ville qui était terrifiée par un monstre appelé Tarasque. Pensant le flatter, les habitants avaient baptisé leur ville Tarascon. Mais le monstre n’avait pas été sensible à cette attention et continuait de dévorer hommes et bêtes.

Marthe eut pitié de ces pauvres gens : elle se fit indiquer l’antre du monstre et s’y rendit. Elle trouva la Tarasque en train de manger un homme. Spectacle affligeant qui eut fait réfléchir plus d’un. Mais la sainte avait la plus grande confiance en une croix qu’elle tira, brusquement, de sa tunique. A la vue de cet emblème, la Tarasque se montra douce et docile comme une brebis. Alors, faisant de sa ceinture une sorte de laisse, Marthe sortit de la grotte en traînant le monstre que la foule mit joyeusement à mort.

La sainte, ayant converti le pays, demeura à Tarascon où elle est enterrée.

En Camargue, après bien des années, Marie Jacobé et Marie Salomé sentirent l’heure de la mort approcher. Elles se firent mener vers la mer, cette mer qui les avait portées de Palestine en Provence et elles moururent toutes les deux le même jour, l’une à l’aube l’autre au crépuscule.

Sara ne leur survécut pas longtemps.

Ensevelie au milieu de l’oratoire édifié par les saintes, son tombeau devint bientôt le point de ralliement d’hommes au teint cuivré qui, pour des raisons demeurées mystérieuses, ont fait une patronne de cette petite servante…

 


Publicité et salles de ciné... |
Ton monde à toi. |
Horreur Vhs Collector |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Cinéma Algérien
| Une semaine autour des "Swi...
| CINEFIL INFO