Silve.

Silve.

 

Roman vérité.

 

Texte rédigé au cours des années 1996-1997, pendant la période instable séparant la fin des études de l’obtention d’un premier emploi, et qui dormait au fond d’un placard.

Le monde est enfin prêt.

Oserez-vous croquer la pomme ?

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Chapitre 1 : La proie.

 

Elomire était le domestique de la maison depuis sa naissance. Il avait connu les parents de Silve avant que l’avion de ceux-ci ne s’écrase dans ce lieu remplit de créatures monstrueuses, laissant la petite aux soins d’une tribu de loups. Âgée d’une vingtaine d’années, Silve ne pouvait se faire à la civilisation dite humaine. Reine d’un empire économique, mademoiselle Silve restait sauvage. Le domaine des Chalussay, immense château, était entouré d’un gigantesque bois grand comme deux fois Central Park. Tout les matins se reproduisait la même scène : Silve de Chalussay se levait vers 6 h 00 du matin et se rendait dans le séjour vêtue de son pyjama de soie, tenant une paire de baskets dans ses mains et disait à ce bon majordome :

- Bonjour Elomire, je vais courir dans mon domaine. Je prendrai mon petit déjeuner à 9 h 00.

- Mademoiselle, il ne fait pas grosse chaleur.

- Je ramènerai le déjeuner.

Sur ce, elle se séparait de son pyjama qu’elle donnait délicatement à son majordome. Puis elle s’asseyait sur le divan pour chausser ses baskets. Uniquement vêtue de ses chaussures, elle sortait ensuite dans le froid matinal courir nue dans ses bois. Franchement, elle ne se sentait à l’aise que dans ses baskets. La vie sauvage lui manquait. Tout les matins, Elomire regardait la comtesse de Chalussay s’éloigner à pas de loup dans la forêt peuplée aussi bien, selon les désirs de sa maîtresse, de loups, de sangliers ou d’animaux plus pittoresques que des lions, singes ou boas pour n’en citer que quelque uns. Le bois de Silve était à l’image de sa propriétaire : original. La comtesse redevenait une sauvage, une louve, une Eve solitaire n’ayant aucune honte à ne porter que des baskets. Silve avait opté pour des chaussures de sport, pratiques pour se mouvoir dans sa jungle française après s’être égratignée les pieds plusieurs fois dans des ronces. Par contre, elle n’opterait jamais, quelle que soit la raison, pour des vêtements qui géreraient ses déplacements. Elle aimait sentir l’air sur son corps, souvenir de tant d’années chez les loups, plutôt que le contact avec des vêtements qui la démange. Silve aurait pu être l’ambassadrice du naturisme sans le coté bestial tapi au fond de son être et la poussait à la chasse pour le simple plaisir de l’odeur du sang. Reniflant l’air, elle sentie l’odeur d’un sanglier. Elle urina de plaisir en songeant au gout sublime de l’hémoglobine de la bête lorsqu’elle plantera ses crocs dans la chair de la créature afin de la tuer. Car la comtesse possédait des crocs animal, fruits d’une existence sauvage. Caractéristique qui ne gâchait nullement la beauté de cette jeune femme, la vingtaine d’année, blonde au corps musclé et proportionné. On aurait pu la prendre pour une mannequin dans d’autres circonstances. Car un top-model ne se cacherait pas dans un arbuste afin d’attendre une proie à exterminer.

La femme louve  ne se doutait pas que pendant qu’elle était aux aguets, un homme pénétrait en fraude dans son domaine. Vêtu en tenue kaki, chauve, Anthony Black partait lui aussi à la chasse. Il rêvait de cette créature à forme humaine que l’on appelait Silve. Ce serait sa meilleur prise, après celle du Zaïre. Il avait été l’unique chasseur à avoir pu abattre un tyrannosaure encore vivant. Maintenant, le corps du dinosaure était conservé au British Muséum ou la majorité des gens pensent qu’il ne s’agit que d’une reproduction. Public ignorant. Au moins, même empaillé, le corps de Silve ne pourra pas être considéré comme faux. Mais il lui fallait capture Silve vivante. Le projet en avait besoin. Il sourit en pensant à ce qu’il pourrait faire subir à la comtesse, plus attirante qu’un T-rex. Mais ses chefs voulaient que la louve ne subisse aucun sévices. Black se mis en marche dans la dense forêt.

Le sanglier approchait lentement. Silve attendait, prête à bondir. La brise changea de direction, au désavantage de la comtesse. Le sanglier huma l’air. Silve transpirait. L’odeur de sa sueur se répandait dans le vent jusqu’au museau du cochon poilu. Silve ne pouvait attendre plus longtemps. Elle bondit de sa cachette. Le sanglier, au vu de la femme louve, s’enfuit. Silve se jeta sur l’animal, l’attrapant  par les pattes arrières. Elle fut entraînée à sa suite, son corps s’égratigna sur le sol. Le sanglier s’immobilisa. Silve sauta au cou du bestiau et lui coupa une veine avec ses dents. Du sang lui gicla en pleine figure. Loin d’en être dégoûtée, la comtesse s’en couvris le corps avant de s’asseoir sous un arbre et de se lécher en regardant sa victime mourir lentement dans des convulsions de moins en moins violentes. Silve attendit que la bête cesse de bouger avant de se lever et de la porter sur ses épaules. Le déjeuner venait d’être tué.

Anthony Black ne pouvait se faire à l’idée qu’une riche comtesse prenne plaisir à vivre à poil dans une forêt, retrouvant des instincts que la génétique cherche à détruire. Black était le chasseur parfait, né de la science grâce aux expériences du GLR (Groupement de la Libération de la Race), un organisme secret de l’ONU visant à améliorer le monde. Ainsi, il ne comprenait pas l’intérêt que l’on portait à la comtesse de Chalussay, ni ce que le GLR voulait en faire. Un bruit  discret se fit entendre derriére lui. Black se retourna calmement et se trouva nez à nez avec un guépard.

Silve était en train de se laver dans un étang lorsqu’elle entendit un coup de tonnerre. Surement un avion qui passe le mur du son. Silve sortie de l’eau et se rechaussa en pensant à la visite qui l’attendait. Le Président en personne allait venir la voir afin de lui demander un service. Par service, il entendait mission vitale pour l’Etat. Silve sourit en pensant à la tête du chef des français si celui-ci la voyait dans cette tenue (ou plutôt absence de tenue) revenir à son château avec un sanglier mort sur ses épaules. Elle escalada un chêne qui se trouvait prés de l’étang et en redescendit avec le sanglier sur les épaules. C’est au moment ou elle posait ses pieds à terre qu’un gigantesque gorille lui sauta dessus.

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Le corps du guépard gisait aux pieds de Black. Proie facile et tellement dénuée d’intelligence. Black ne comprenait pas que l’on puisse agir par instinct, sans réflexion préalable. Pourquoi la comtesse aimait elle tant peupler ses bois de créatures si inintéressantes ? Silve serait une proie à sa hauteur, son meilleur trophée depuis le Zaïre. Black se remis en route, impatient d’en finir pour le GLR. L’ordre nouveau ne doit pas connaitre d’obstacle. Le chasseur ne se doutait pas que des yeux l’observaient. L’esprit associé à ces yeux se demandait pourquoi les humains prenaient plaisir à tuer des organismes sans intérêts. Puis, les yeux de dématérialisèrent.

Silve avait perdue conscience pendant quelques minutes. Elle sentait que le gorille était tout prés. Elle avait mal au dos. Son regard était brumeux, sa vue floue. Elle distingua le sanglier qui gisait à coté d’elle. Elle sentie une main velue caresser son postérieur. Silve comprit ce que voulait le gorille : une femelle. Silve était trop faible pour songer à fuir, chose qu’elle n’aurait jamais pu faire, même en d’autres circonstances. Une louve ne peut espérer vaincre un gorille. Péniblement, la pauvre Silve souleva sa croupe. Quitte à se faire violer par un anthropoïde en chaleur, autant le faire au plus vite. Le singe renifla les fesses de la femelle consentante. Silve ne pu s’empêcher de vomir en songeant à ce qui l’attendait. Le souffle sur ses fesses cessa. Le gorille passait à l’action. Silve hurla en sentant une douleur dans son appareil génital. Le singe la pénétrait. La douleur était décuplée par le jet de sperme qui semblait creuser un trou tel un geyser. Silve pleura. Soudain, un éclair sembla s’abattre derrière elle. Une odeur de chair brûlée remplit l’air. Des lambeaux de chair se dispersèrent dans l’atmosphère. Silve tourna sa tête. Le gorille semblait avoir éclaté sur place. Seul son pénis était resté intact à l’intérieur du vagin de la louve. Silve retira avec dégoût le seul organe non détérioré du singe et le jeta. Il commençait à pleuvoir. Silve se sentait sale, son entrejambes lui brûlait. Elle saignait. On ne peut faire rentrer un rondin dans un trou de gruyère sans dommages. Une chance que cet éclair soit tombé sur ce monstre sans la foudroyer au passage. Silve utilisa ses dernières forces pour grimper en haut du chêne ou elle sombra dans un court coma. Allongée sur une branche, elle ne sentit pas un corps flottant dans le vide s’approcher d’elle. L’esprit associé à ce corps se demandait pourquoi cette louve à forme humaine avait eu si peur de ce gorille qu’elle en était prête à sacrifier sa pureté. Le corps avait eu le réflexe de détruire le gorille par dégoût. La femme était elle bien la guerrière que les supérieurs désiraient ? Le corps de dématérialisa.

Anthony Black longeait l’étang lorsqu’il vit des restes de ce qui avait été un gorille. A voir le sanglier mort par terre, Black conclut que le singe avait été frappé par la foudre avant de pouvoir se repaître de sa proie. L’esprit logique de Black ne comprenait pas la bestialité. Penser que les animaux puissent tuer pour vivre le dégoûtait. Il préférait chasser par plaisir, pour se mettre en valeur. Les savants du GLR l’avaient conçu pour cette mission. Silve serait une proie à sa hauteur. Grace à elle, on pourra bâtir l’ordre nouveau.

Silve sortie de son sommeil sans rêve, sans même se douter qu’un grand danger était passé prés d’elle. Elle descendit, la douleur s’était calmée. Il commençait à moins pleuvoir, les traces de bottes étaient fraîches. Oui, un homme avait pénétré dans son territoire et était passé prés d’elle. Encore trop faible pour partir le traquer, Silve décida de rentrer dans son château. Son estomac criait famine. Prise dans ses aventures, elle n’avait pu prendre le temps de goûter aux fruits qui se présentaient sur son chemin, comme à son habitude. De plus, son horloge interne lui signalait qu’il devait être 8 h 30 et des poussières. Silve se chargea de son déjeuner et se mis en marche pour se rendre chez elle. Après avoir subi un viol, on n’a qu’une envie : se reposer. Sauf si son rendez-vous de 10 h 00 remet en question son programme.

Black avait la désagréable sensation d’être épié. Un animal ? Trop organisé. Silve ? Non, elle aurait demandée des comptes. Un gardien ? Silve ne supportait qu’un seul être humain, ce type appelé Elomire. Le GLR avait peut être fait appel à plusieurs agents ? C’est sur cette question qu’un boa constrictor tomba sur Black. Crétin ! Un chasseur pris par surprise. Le boa commença à serrer de plus en plus. Connerie que de mourir étouffé par un serpent alors qu’on a tué le dernier des dinosaures.

Silve aurait pu passer prés de Black mais elle avait choisie une autre option : rentrer en laissant en laissant en proie aux animaux sauvages l’intrus. De toutes manières, elle n’aurait rien tenté pour le sauver.

Black perdit conscience. Un être se matérialisa à coté de lui et, de ses doigts, fit jaillir un éclair qui foudroya le serpent. L’esprit qui habitait cet être voulait tenter une expérience.

Chapitre 2 : La cible ?

 

La Rolls rose des Chalussay roulait en direction de l’aéroport ou le Président, incognito, attendait la comtesse, riche propriétaire d’une multinationale. Elomire était au volant. Il avait du mal à imaginer que la jeune femme assise derrière lui était, il y a encore une heure, une louve qui, tel une lady Godiva, était rentrée dans la cuisine, un sanglier mort sur les épaules, saignant entre les cuisses, simplement chaussée de baskets. Maintenant, elle était vêtue en robe bleu, robe mondaine, coiffée, maquillée, portant des talons aiguilles à la place de ses chaussures de sport. La louve avait cédée la place à la femme d’affaire. Élevée jusqu’à l’age de dix ans dans le pays d’Athis, pays sauvage, par des loups, elle avait, malgré tout, réussie à devenir une vraie comtesse, une milliardaire, une femme. La Rolls rose roulait avec une aventurière particulière à son bord. Aventurière que réclamait un personnage haut placé.

Les passagers du vol en provenance de Paris sortaient de l’avion. Parmi eux se cachait le chef de l’Etat. Un homme habillé en marin dévisageait chaque passager. Il était barbu, portait un long pardessus, des bottes, un grand chapeau et des lunettes noires. A dire vrai, on pouvait pas voir son visage. Le marin parla dans un minuscule micro caché dans sa manche :

- Lepré sident vi enda rivé. At tend lacom tess lou ve. »

Le message traversa plusieurs continents, fit une centaine de fois le tour du globe, visitant aussi bien les capitales des grandes nations que les petits villages perdus avant d’arriver à son destinataire : un homme d’un mètre de haut possédant une tête trois fois supérieure à la normale. Il était vêtu d’une combinaison rouge. L’homme répondit :

- Bien ! Attends que la rencontre se produise pour abattre Ille.

Un millième de seconde après, le message fut transmis au marin. Les passagers de l’avion s’éparpillèrent dans l’aéroport. Plusieurs d’entre eux se rendirent au point accueil. L’un d’eux voyageant sous le nom de Charles French attendait avec angoisse de rencontrer la comtesse. Si son informateur avait dit vrai, Mlle de Chalussay serait une alliée d’importance.

Silve commençait à transpirer. L’idée de se rendre dans un lieu rempli d’une foule lui inspirait une peur panique. Elle préférait affronter une horde de gorilles en rut plutôt que des humains en visite. Elle détestait les rassemblements, les congrès. Elle détestait son rôle de chef d’entreprise (qu’elle remplissait deux après-midi par semaine, léguant ses responsabilités) mais cela lui permettait d’entretenir son domaine, son paradis, peuplé d’animaux issus des quatre coins du globe, arche de Noé à grande échelle. Silve se concentra sur le problème de l’intrus qui était rentré par effraction. Était-il lié à la venue secrète de… ? Ou peut être était-ce un aventurier chargé de la capturer afin de lui faire subir des expériences ? Un esprit de loup dans un corps de femme ne faisait pourtant pas d’elle une mutante.

Charles French se sentait épié. Il avait lu le dossier de la comtesse et pensait qu’elle ferait l’affaire. Qui aurait pu soupçonner Mlle de Chalussay d’être une surhumaine ? Car, de part son passé, la femme louve était considéré comme assimilée à une mutante. Elle était donc classée comme spécimen auprès de la section d’analyse de l’évolution, organisme présidentiel chargé de compiler les cas de déviances génétiques en France comme à l’étranger. Car les guerres futures ne se feront pas uniquement grâce au nucléaire, les armes bactériologiques et chimiques, voir par virus informatique via internet mais également, officieusement, grâce aux spécimens mutants, extra-terrestres, dinosauriens et autres, cachés par les gouvernements. De super-soldats en puissance incontrôlables tant pour leur nation que pour le reste du monde. La comtesse faisait partie du contrôlable, dans la mesure ou elle avait financée une partie de la campagne de French. Une femme qui vote pour French ne peut être du mauvais coté de la barrière. Perdu dans ses pensées, Charles French bouscula un marin par mégarde. Il s’excusa. Le marin continua sa route sans se retourner. Il se gratta le nez en murmurant :

- Lem icr oép lacé surp roie 1.

Silve tremblotait en voyant se rapprocher l’entrée de l’aéroport. Elle luttait pour ne pas paniquer. Après tout, une foule n’a jamais mangé personne. Elle se concentra sur le message du Président :

Chère comtesse,Votre tête de veau vous attend à l’abattoir pour dégustation urgente. Veuillez venir la chercher avant qu’elle ne crame.

Signé : Boucherie Elyse.

Le Président risquait sa vie et demandait de l’aide. Il n’avait visiblement pas confiance en son propre service de sécurité. Silve avait remplie plusieurs missions secrètes pour son pays mais c’était la première fois que le Président en personne désirait la rencontrer. Elle connaissait l’existence de la section d’analyse de l’évolution, étant une des donatrices de l’organisme. Elle soupçonnait depuis toujours cette section d’être infiltré par la mafia, les sectes et l’Extrême-droite. Sa crainte était peut être aussi réelle que son agoraphobie.

Par la baie vitrée, le marin voyait approcher la Rolls rose de la comtesse. Il se retourna pour voir un prêtre terrorisé marchant en long et en large. Le père French se dit que la séparation de l’Eglise et de l’Etat n’était que théorique, les circonstance pouvant contredire ce fait. French sursauta en sentant une tape dans le dos. Il se retourna pour dire bonjour à son hôte, la comtesse de Chalussay. Silve l’invita à la suivre afin de la confesser au prestataire. Le prêtre approuva et la suivi jusqu’à la Rolls. Le marin questionna :

- Laren cont rea li euco mme pré vuest quej etue Ille ?

« Non », répondit sa manche désirant écouter la confession du Président. Le marin protesta. Le nain ricana.

French suivi la comtesse et monta dans la Rolls. Drôle d’endroit pour une confession. Elomire mit le contact. Une petite balade était nécessaire. La langue de French se délia :

- Comtesse, j’ai découvert que la section d’analyse de l’évolution, organisme censé regrouper les cas de surdéveloppement de la croissance humaine était infiltré par une secte pro-nazi. Il semblerait que nous ne soyons pas l’unique pays sous l’emprise de la secte. Tous les organismes équivalents le sont aussi, y compris celui du Vatican. Même l’ONU, peut être plus que d’autres, est gouverné par elle. Le GLR, car tel est son nom, vise à faire d’Hitler un dieu et bâtir une race supérieure grâce à la génétique et la cybernétique. Les trois-quart des scientifiques travaillent pour l’installation du 4me Reich sans le savoir. Une île proche de l’Australie servirait à mette au point une race d’insectes géants. Nous autres, hommes politiques, sommes des poussières face à une telle idéologie.

Silve n’en croyait pas ses oreilles. Les hommes étaient donc si surs de leur supériorité en voulant contrôler la nature, devenir égal à Dieu ? Vouloir la pureté absolue c’est favoriser le fascisme, la dictature. Le politiquement correct conduit inévitablement au chaos. Refuser l’imperfection, c’est devenir suppôt de Satan.

- Et quel est mon rôle dans cette merde ?

demanda la comtesse, insensible à la bêtise humaine, bêtise qui conduisait lentement l’homme à sa perte.

- Il existe un fichier regroupant les candidats idéals pour fabrication d’une race aryenne. Vous êtes la première personne de la liste. Ils vont chercher à vous capturer afin de compiler vos cellules avec d’autres dans l’objectif de fabriquer des clones comme le mouton anglais qui…

Elomire freina brusquement. Un type habillé en marin leur bloquait la route. French le reconnut :

- Ce type m’a bousculé à l’aéroport.

Silve descendit rapidement de la voiture, sortant de son sac à main un revolver. La comtesse se laissa rouler sur le coté, tirant sur le marin. Les balles atteignirent leur cible sans l’abattre. Ce mec était en acier ou quoi ? Silve opta pour une attaque directe, dont elle connaissait l’issue. Elle se débarrassa de ses chaussures et de sa robe qui pouvaient la gêner dans ses mouvements. Elle garda ses sous-vêtements (par respect pour le chef de l’Etat). Elle fonça sur le colosse en hurlant comme un loup. Le marin tendit un doigt. Silve eu l’impression de rentrer dans un mur puis se retrouva projeté en arrière. Elle atterrit sur le capot de la voiture, brisant le pare-brise et perdant conscience.

- Cette fille est folle,

dit French en sortant,

- Ce mec la mise K.O. rien qu’avec le petit doigt.

Elomire sorti examiner Silve. Celle-ci s’était profondément ouvert le crane mais vivait encore. Il la porta dans la voiture puis donna l’ordre au Président de veiller sur elle. Celui-ci agit à contre-cœur, voyant le marin déterrer un sapin comme on arrache une mauvaise herbe. Elomir avait une idée pour arrêter le colosse. Espérons qu’elle fonctionne. Le marin approchait en riant.

- Ille doim our ir pou rele mai t re !

Silve reprenait conscience. Elle avait mal au crane. Sale journée. Le Président , tremblant, la rassura  : elle n’avait que des égratignures plus spectaculaires que graves. A l’inverse du marin, dangereux autant que spectaculaire.

Le marin était maintenant à quelques pas de la voiture. Elomire gardait toujours des armes, souvenir des commandos, et avait placé une grenade fumigène dans le tableau de bord. Il avait eu le réflexe de la prendre en descendant de voiture, comme il avait maintenant le réflexe de la lancer sur le colosse.

French regarda l’arbre que tenait le marin se fendre en deux sur le crane du géant lorsque celui-ci le lâcha. Il étouffait en respirant le gaz. Le Président se tourna vers la comtesse qui retirait ses collants. La comtesse avait besoin de cette arme féminine pour vérifier son intuition. Au passage, elle se débarrassa de son soutien-gorge et de sa culotte que le Président reçu en pleine figure. French regarda la jeune femme nue bondir sur le dos du marin, passant ses jambes autour de sa taille, étranglant le monstre avec ses collants. French regardait ce spectacle surréaliste paralysé par la peu jusqu’à ce que le monstre tombe sur le sol, étranglé. Silve s’approcha ensuite du corps afin de retirer le déguisement du tueur. Elle poussa un cri d’horreur en voyant le visage de celui-ci. French s’approcha pour voir, il s’attendait à voir une abomination mais pas à une telle horreur : les lunettes, le chapeau et la fausse barbe cachaient le visage d’un bébé. Le monstre était un bébé géant. Ce qui expliquerait ses problèmes de souffle qui avaient donné à la comtesse l’idée de la strangulation. Silve, dégoûtée, donna ordre à Elomire de ranger ses vêtements et de lui apporter une paire de basket.

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French était heureux que ce drame se soit produit dans un chemin communal dépourvu d’un public d’électeurs qui seraient choqués par la vue d’un Président grimé en prêtre attaqué par un bébé géant et défendu par une femme dénudé. French interrogea la comtesse, assise par terre en train de mettre ses chaussures de sport. Elle répondit :

- Je n’ai aucune honte à me montrer nue comme un vers face à un homme comme vous. Vous ne méritez même pas de me contempler. Vous ne méritez que cette chose (elle montra le bébé). Cette aberration est née de votre désir de puissance. Désolée, je refuse de réparer les erreurs, les horreurs, que l’homme crée. La nature se vengera des vos expériences, elle n’a pas besoin de votre aide, de mon aide. Si, pour réparer mes dégâts, la nature doit détruire l’homme, qu’elle le fasse. Je ne vous aiderai pas : je suis plus Athisienne que française, et bien plus louve qu’Athisienne. Vos problèmes, vous n’avez qu’à les mettre ou je pense.

Silve monta dans la Rolls et ordonna à Elomire de rentrer au domaine laissant French seul avec sa conscience. Il cherchait une alliée, il n’a trouvé que mépris. Il avait signé son arrêt de mort, dégouté par son poste, dégoûté par la société.

La comtesse donna ordre à Elomire de la déposer à l’entrée de son domaine afin qu’elle parte à la chasse à l’intrus. Elle rentrerait vers 14 h 00 prendre son repas. Elle espérait qu’une heure suffirait à se venger des affronts faits par le gorille mutant et le Président en expulsant sa colère sur le mystérieux individu. La chair humaine lui manquait et en manger un peu lui fera oublier la douleur d’un viol et d’un infanticide.

La comtesse ignorait que, pendant son départ, un autre personnage mystérieux avait profané son domaine. Car le terme de profanateur convenait bien à cet être appelé Hypocondre, le fléau ultime que les créatures vivantes nomment la mort. La mort, Hypocondre, ne voulait que se mesurer à son rival dans la cruauté. Rival qui se trouvait proche d’elle…

Chapitre 3 : Anthony Black.

 

Zaïre, trois ans plus tôt. Anthony Black avait beau être un pur produit de la génétique, d’être dépourvu de sentiments, il ne restait pas insensible à la misère du pays. Son esprit logique ne pouvait comprendre que l’on puisse laisser des hommes mourir de faim sans même leur donner la possibilité de lutter contre la pauvreté. Mourir sans se défendre, impuissant face à son destin, dépassait la logique de Black. Son seul désir était de quitter ce camp de réfugier ou il soignait la population locale sous l’identité du docteur Robert White, ex-interne des hôpitaux de Paris reconverti dans l’aide humanitaire et de reprendre son autre identité, celle du chasseur parfait. Black était en Afrique pour chasser un gros gibier, White était dans ce camp pour soigner. Black cherchait le plaisir, White accomplissait son devoir.

White luttait pour que Black ne prenne pas le dessus. Il fallait que son coté sombre reste en sommeil le temps de sauver quelques vies. Vies que Black considérait comme futiles. White considérait futile de chasser un animal millénaire. Pourquoi vouloir détruire ? Cela n’était pas logique. White se repris. Il pensait par la logique et non par le cœur, signe que Black se réveillait. C’est l’esprit logique qui est la cause du chaos mondial, le cœur seul pourra le sauver. Mais ce n’était pas par logique que White avait été créé par Black afin de ne pas laisser ses sentiments enfreindre sa mission d’exterminateur ?

White se replongea dans son passé…

Normandie, 1944 :

Le sergent Von stunder était chargé de mener le Reich à la victoire et voila que les inférieurs envahissaient la Normandie reprendre aux aryens un territoire qu’ils ne méritaient pas. Le général et ses hommes lutteront jusqu’à la mort pour le Furher. La défaite n’en fut que plus infligeante.

Moscou, 1948 :

La cour martiale russe décida que le général méritait la mort pour l’assassina d’une centaine de russes. De plus, la communauté mondiale désirait hardiment sa capture. Il fut décidé que le prévenu ne pourrait avoir la vie sauve que s’il se mettait au service de la Mère Patrie.

Nouveau-Mexique, 1947 :

Le capitaine Robertson n’en croyait pas ses oreilles : un des extra-terrestres aurait survécu au crash. L’armée américaine désirait que se construise une base secrète afin d’étudier la technologie des non-humains.

Australie, 1960 :

Le sergent Von Strunder est tué au cours d’une mission par le capitaine Robertson. Le corps du mort est dérobé quelques temps après. L’ONU organise une enquête et crée le GLR. Robertson est nommé responsable de la section sont le sigle signifie Groupe de liquidation des responsables, chargé de réparer les dégâts causés par les idéologies dictatoriales.

New-York, 1980 :

Robertson se fait abattre au cours de la célébration de son départ à la retraite. Le GLR est officiellement fermé.

New-York, 1989 :

La secte des Libérateurs utilise le sigle GLR pour couvrir ses expériences de fabrication d’humains parfaits. Ils récupèrent les corps de Robertson et Von Stunder (gardés cryogéniquement intacts) afin de bâtir avec leurs cellules un être logiquement parfait pour la destruction des déviations génétiques : Anthony Black.

Zaïre. Anthony Black se réveilla en sueur. Il avait rêvé qu’il s’appelait Jeremy Robertson, un sadique soldat américain qui avait pris du plaisir lors des guerres du Vietnam et de 39-45 à tuer ses ennemis ainsi qu’un… extra-terrestre. Il avait rêvé ensuite qu’il pourchassait un criminel de guerre nommé Von Stunder, son double. Puis, il se voyait dans un monde étrange, Athis, ou, sous le nom de Philipe Cosse, il se prit d’affection pour une fillette élevée par les loups depuis son plus jeune age. Le cauchemar était qu’il éprouvait de l’amour paternel pour elle.

Black se leva. Il s’était endormi. L’aube était proche. L’heure de la chasse approchait. En traversant le village, Black ne pu s’empêcher de sourire en voyant que l’ONU encourageait un Auschwitz à grande échelle sans remords. Finalement, les vainqueurs de la Guerre ne valaient pas mieux que les vaincus.

Pendant l’heure de marche au travers de la jungle conduisant à la région ou avait été repéré le monstre, Black se replongea dans son passé :

Il avait 5 ans et était nouveau dans la classe. Il était timide et ses camarades, façon de parler, se moquaient de lui parce qu’il n’avait pas de parents. Comment leur expliquer qu’il était né dans une éprouvette et qu’il deviendrait un grand chasseur ? Un jour, il accrochera  leurs tètes au mur en tant que trophées. Puis, un jour, un autre, un nouvel élève fut inscrit aux cours. Sa présence se trouva oubliée par les autres. Il faut dire que le nouvel élève mesurait 50 cm et possédait une tête disproportionnée. Malformation de naissance, avait dit la maîtresse. L’esprit logique ne pouvait pas comprendre que la nature puisse autoriser des créatures si laides à vivre. Dés lors, il ne fit qu’un avec ses camarades pour embêter  »Grosse tête » qu’il haïssait. Celui-ci était aussi pleurnichard qu’intelligent. Black aimait imaginer qu’il était le général Robertson, héros de la série radiophonique « Les soldats du futur » et que Grosse Tête était un envahisseur venu de l’espace et dont le vaisseau s’était crashé. Hélas, les meilleurs jeux ont une fin et Grosse Tête changea d’école.

Zaïre. Black repéra les traces du tyrannosaure encore fraîches. Le monstre était aussi en chasse. Black eut un frisson : une chose semblait l’observer. Pas le monstre, une chose extérieure à notre monde. L’esprit qui contrôlait cette chose analysait les méthodes de chasse du clone. Il se souvenait avoir vu ce chasseur dans un autre endroit :

Aveyron, château des Chalussay. Philipe Cosse essayait d’apprendre à la comtesse Silve (appelée ainsi à cause de sa chevelure blonde) la base de la vie en société. En vain, la fille âgée de 15 ans ne désirait qu’une chose : courir nue dans les bois. Cosse avait fait construire un mur séparant le château des bois afin que les animaux sauvages que Silve réclamait, caprice auquel Cosse ne pouvait résister, ne mangent pas les invités lors des parties de jardin. Seul un cour et un espace vert entourant le château donnait une impression de paix dans ce lieu étrange que Silve aimait. Un jour qu’il était seul, la comtesse dans les bois, un ancien camarade d’école vint lui rendre visite. Il s’agissait de Grosse Tête accompagné d’un géant à tête de bébé. Il désirait qu’Ille rejoigne son groupe de protecteurs rebelles afin d’aider le monde à survivre. Cosse refusa.

Pendant ce temps, Silve courait dans les bois sans se douter que des yeux l’observaient. L’esprit du Comag, tel était le nom de cette créature, se disait que cette femme louve serait parfaite, une fois sa puberté achevée, pour sa mission. Le Comag ne se doutait pas que l’Hypocondre l’observait comme il observera cinq ans après dans cette même propriété.

Domaine des Chalussay, de nos jours. Black souffrait. Il se souvenait avoir été attaqué par un boa puis le vide. Il s’était réveillé attaché à un arbre, nu, la peau entièrement arrachée. Oui, il n’avait plus de peau sur les os, ses muscles étaient en contact avec l’air. Des cadavres de bêtes, surement attirées par le corps ensanglanté du mourant l’entouraient. Le monstre qui lui avait fait subir cette torture tenait ce qu’il reste en vie. Dans quel but ? Black ne pouvait trouver logique de torturer pour une autre raison que la torture. Un flash dans l’esprit du chasseur le représentait prisonnier dans un camps de concentration ou une nazi appelée Von Strunder lui arrachait la peau. Von Strunder avait les traits de la comtesse de Chalussay.

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Black revint à la réalité. Devant lui, Silve avançait vers sa proie. Au début, devant cette beauté nue qui approchait, Black se cru mort en face d’un ange. Mais l’ange poussa des cris sauvages en courant sur sa proie. Silve voulait se venger des gorilles et des humains. Elle avait envie de chair fraîche. Black senti les crocs de la louve lui arracher sa viande. Silve était en train de le bouffer vivant. Black vit un long tunnel et dit adieu à la vie.

Le Comag regardait Silve dévorer le chasseur de la même façon qu’un vautour dévore une charogne. Le Comag s’interrogea sur l’humanité. Silve était resté sauvage et le sera toujours. Rien ne pourra la transformer en femme civilisée. Le Comag se rappela une autre scène : celle de Black victorieux face à un tyrannosaure vaincu. Trophée que White offrit au British Muséum avec une consigne : ne jamais parler de lui. Qu’était réellement Black ? Un héros ? Un bourreau ? Peut être que ce n’était que la version d’une humanité déviante dont l’autre visage ressemblait à Silve.

Chapitre 4 : Elomire.

 

Elomire était dans le jardin lorsqu’il vit revenir sa protégée couverte encore une fois de sang. Elle pleurait. Au lieu de s’approcher du sanglier en train de cuire à la broche, qu’Elomire préparait, afin de réclamer son repas, comme d’habitude, elle allât se coucher sous un arbre prétextant qu’elle venait de manger. Elomire s’approcha de la comtesse afin de savoir ce qui se passait. Elle répondit franchement :

- J’ai dévoré un homme et j’ai aimé ça. Je n’avais plus eu d’instinct cannibale depuis dix ans. Le pire, c’est que j’en ai joui. L’intrus que j’ai dévoré, c’est affreux, avait un gout de viande sous vide, du synthétique à ton image. Oui, malgré sa peau arrachée, il était ton double, les cheveux en moins. Je chiale car j’ai l’impression que c’est toi, mon bon Elomire, que je viens de manger. Je ne suis qu’une sale cannibale attirée par le sang. La seule chose que je mérite c’est d’être dépucelée par un gorille.

Elomire se senti nauséeux face à ces révélations. Silve était en train de se toucher, signe qu’elle cherchait du réconfort. Elomire la serra dans ses bras. La comtesse lui demanda de lui raconter une histoire. Mais pas comme celles que lui raconte Elomire pour l’endormir le soir. Non, plutôt de lui raconter son passé. Silve avait besoin de connaitre la vie de son protecteur afin de voir plus clair dans la situation qu’elle vivait. Elomire avait besoin de parler, de se confier, pour comprendre.

- Je me souviens qu’en 1972 j’étais encore un professeur d’université. Je me souviens de mon désir de mettre en application le conseil de Descartes conseillant de vivre, que l’expérience valait bien mieux que la théorie. Or, je rêvais de voyages à la Jules Verne, de mondes fantastiques à la Burroughs, de mystères à la Conan Doyle, de créatures superbes, comme toi, ma chérie, à la Ian Fleming. Or, il se trouve qu’un de mes collègues, prof d’histoire, venait de soumettre une théorie forte intéressante selon laquelle Atlantis, le continent perdu, était en réalité l’Amérique et que les Atlantes n’étaient autre que les Mayas. Il voulait vérifier ses dires en explorant la cote péruvienne afin d’obtenir des preuves qu’une marée géante avait engloutie les villages du bord de mer. Ce serait ce groupe de villages qui aurait créé la légende d’Atlantis.

L’intérieur du continent étant inconnu à l’époque. Bien que les théories du professeur Albrooks se tenaient autant que des petits pois en équilibre, je soumis ma candidature, prétextant que mon passé dans les commandos était un atout pour la protection de l’expédition. Le professeur accepta, avec toutefois des réserves adressées au professeur de littérature que j’étais. C’est ainsi que je parti dans l’expédition 1973 de recherche des vestiges atlantes. Notre aventure était sponsorisé par tes parents, les De Chalussay, que je n’ai d’ailleurs jamais rencontrés.

Ce n’est qu’après des mois de fouilles que nous découvimes un tombeau caché dans une caverne sous-marine proche de Trujillo. L’intérieur n’était ni inca, ni maya. L’architecture donnait au lieu une impression d’organisme vivant. On avait l’impression d’être à l’intérieur d’un corps humain. Un sarcophage en forme triangulaire, uniquement battis en verre, contenait une créature étrange : une sorte de cerveau géant raccordé à des yeux énormes par des tentacules, le tout sur de grandes pattes, style flamand rose. On découvrit une tablette avec des hiéroglyphes. Hélas, la tablette était reliée à un dispositif actionnant l’ensevelissement du lieu sous les rochers si on la déplaçait. J’ai eu juste le temps de plonger et de nager jusqu’à la sortie. Le professeur et les porteurs n’eurent pas ce réflexe et furent ensevelis. Je ne sais pas d’ou venait cette chose mais ce que je sais, c’est que les vestiges découverts n’avaient rien d’atlante.

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C’est ce drame qui, du moins je le pensais à l’époque, mis fin à ma carrière d’aventurier. C’est au cours de l’été de 1975 que ma vie allait prendre un nouveau tournant lorsque je rencontra celle qui devint ma femme. Je vécu heureux, élevant mon fils dans l’espoir qu’il vivrait heureux dans un monde magnifique. Hélas, je me trompais, et mes larmes coulèrent une première fois à son enterrement. Je me souviens de son petit corps qu’on descendait dans cette fosse et qu’on recouvrait de terre. Comme si une nouvelle vie allait germer sur cette tombe comme un arbre. J’atteignis la cinquantaine, on était en 1986 et j’eu un flash, mon esprit repensa au corps mystérieux découvert au Pérou. Cette image se superposa sur celle de mon fils. Il fallait que je découvre l’origine de cette créature. Alors, réapparu dans ma vie un ami d’enfance, un mutant, il s’appelait Jean mais on le surnommait « Grosse Tête » en classe. J’avais sympathisé avec lui en le défendant contre un morveux appelé Black. Il méritait bien son nom, ce fils de boche, car une rumeur disait que ses parents étaient des terroristes en fuite. Mon amitié ne dura pas longtemps, Jean quitta l’école la semaine suivante. Je me suis fait un ennemi, Black, ancien timide qui devenait rebelle. Il profita qu’il me ressemblait afin de me jouer de sales tours mais ce n’est pas mon propos. Donc, Jean me fit la surprise de me rendre visite afin de m’inviter à une expédition dont il cachait la destination.

Mon intuition me disait que mon destin se trouvait ailleurs. Ma femme m’accusait d’être responsable de la mort de mon fils. On était en instance de divorce. Je n’avais plus de raison de vivre, d’objectif, à part le voyage. Je divorça et nous partir. C’est ainsi que nous arrivâmes à Athis ou je fis ta connaissance et t’adopta comme ma fille. Jean ne me donna plus aucune nouvelle. Le destin voulait que je te découvre, toi, la fille des Chalussay qui me permirent de découvrir l’être mystérieux qui hante mes nuits. C’est pour cela que je suis reparti au Zaïre, il y a trois ans. Une tombe similaire avait été découverte mais, chose surprenante, celle-ci ne contenait pas de corps. Il m’arriva une chose étrange durant mon séjour. Un groupe de médecins sans frontière me prièrent pour l’un des leurs et m’appelaient Robert White. Ce nom me fit penser à Black, mon ancien ennemi d’école. Je me demandais ce qu’il devenait. Je doute que ce soit lui que tu as dévoré, il doit être aussi vieux que moi maintenant. Si c’était lui, ce n’est que justice que le criminel qu’il soit devenu meurt des dents de ma fille adoptive que tu es.

Elomire se tourna vers Silve qui s’était endormie. Fatiguée par ses combats de la journée. Elle semblait si pure, comme un enfant venant de naître, recouverte du sang de la vie. Elomire lui retira délicatement ses chaussures et allât chercher un gant et une bassine d’eau afin de lui faire sa toilette. Une comtesse, même en naissant, doit être présentable. En passant le gant sur le corps délicat de Silve, Elomire ne pouvait résister à la fierté d’avoir adopté cette louve à forme d’Eve.

Le Comag se cachant derrière des branches, juché sur le mur séparant la cour du château des bois, regardait, avec des larmes dans les yeux, la scène. Son esprit lui disait que la proie méritait son mérite. Une fille couverte d’autant d’amour ne pouvait pas être totalement méchante. Xal, car tel était son nom, était lié indirectement au passé d’Elomire depuis son réveil de la chambre de conservation du Zaïre.

Black sorti du tunnel de la mort dans un corps similaire à son précédent. Il descendit de sa camionnette et se remit en chasse avec le souhait de se venger de Silve et de la créature mystérieuse qui l’avait torturé.

Chapitre 5 : La comtesse Silve de Chalussay.

Khaled Rahad était le responsable du dépôt local. Tout les jours, depuis ce dépôt, partaient des dizaines de camions qui livraient des marchandises divers, allant de l’élevage de poules aux transport de soldats, des graines de tournesol aux bidons d’essence, aux quatre coins du Maroc. Le dépôt appartenait à une filiale de la Romtec, société de transport internationale membre du groupe Silveworld, appartenant à la comtesse Silve de Chalussay, jeune héritière des Chalussay. Ainsi, en ce jour caniculaire, Khaled ne pu cacher sa surprise en voyant la comtesse en personne rentrer dans son bureau, sous les sifflets admiratifs des routiers. Rahad était admiratif devant cette gamine, vêtue comme toutes les filles européennes de son age, jeans, basket, chemisette rose avec un bandeau assorti autour de la tête, tenue un peu sixties mais mettant si bien en valeur le charme de la fillette. Âgée de 18 ans, elle semblait si fragile et charmante que Khaled ne pouvait se faire à l’idée que la demoiselle dirigeait une multinationale réputée d’une main de fer. Car, malgré son apparence, la comtesse cachait, Rahad le devinait, un lourd secret.

Khaled fit un bilan rapide des affaires en cours, mentionnant au passage qu’il devait livrer un chargement de produits toxiques à un centre de recyclage américain situé à une semaine de route d’ici. Aucun routier ne désirait, à raison, s’occuper du transport et Khaled pensait assurer la livraison en personne.

Il fut surpris d’entendre la jeune comtesse se proposer pour conduire le camion. Khaled essaya de l’en dissuader mais s’inclina devant sa patronne. C’est ainsi que Silve partie le lendemain pour petite traversée du désert.

Khaled regarda le camion se fondre avec l’horizon. La comtesse avait refusée d’être accompagnée. Ayant fait le plein de provisions pour trois jours, exclusivement un régime végétarien (elle ne mangeait plus de viande depuis l’age de dix ans), elle roula une heure avant de s’arrêter à l’entrée du désert. Elle se dépouilla de ses vêtements pour ne garder que ses chaussures. Elle ne devrait rencontrer personne dans ce désert avant trois jours ou elle devrait faire étape dans une petite station ou elle remplirait le réservoir d’essence et ferait le plein de nourriture. Elle sourit en pensant à la tête que feraient des touaregs s’ils venaient à la croiser. Une femme au volant était rare dans le désert mais si, en plus, elle était nue alors ça devenait un fantasme digne de Playboy. Silve remit le contact, après avoir inspecté une nouvelle fois le camion et s’enfonça dans le désert sans fin. Venant d’avoir le permis trois mois auparavant, elle se faisait un plaisir de rouler dans cette contrée inhabitée, libre comme au bon vieux temps ou elle était membre d’une meute à Athis.

Malgré la chaleur torride, la première journée de route passa sans heurts. Silve attendit que le jour s’écarte au profit de la nuit pour s’arrêter enfin et passer la nuit. Elle avait roulée pendant une dizaine d’heures d’affilée et ses jambes s’engourdissaient. Ainsi, ne fut-elle pas déçue de pouvoir marcher un peu en regardant le soleil se coucher. Puis, elle s’alluma un feu grâce à un petit stock de bois qu’elle avait fait charger avant son départ. Il commençait à faire frais mais Silve préférait retarder le plus longtemps le moment ou elle se couvrirait. Elle mangea auprès du feu puis alla chercher son sac de couchage qu’elle installa par terre. Elle rentra dedans, ravie d’avoir échappé à la corvée de s’habiller.

12

La comtesse partie à l’aube. Hélas, sa deuxième journée de voyage n’allait pas être aussi paisible. Il était 15 h lorsque son camion s’embourba dans le sable tel une mouche essayant de sortir d’une toile d’araignée. Il fallu une heure pour dégager la roue droite. Silve craqua et pleura : c’était la première fois de sa vie qu’une situation la dépassé. Finalement, elle eut de la chance en apercevant un autre camion au loin. Elle se dépêcha de s’habiller avant d’aller à sa rencontre. Le camion de la chance était conduit par deux archéologues anglais qui revenaient de fouilles. Sir Goddfroy et Lord Amilton se firent un plaisir d’aider cette rose des sables comme ils appelaient Silve. Le camion sorti d’affaire, ils décidèrent de faire route jusqu’à la station-relais, étape du lendemain.

Ce soir là, les trois voyageurs veillèrent autour d’un feu. Sir Goddfroy questionna la jeune fille : pourquoi une milliardaire originale jusqu’à charger du bois pour se chauffer dans le désert, et ce, dans un camion rempli de produits dangereux, osait s’aventurer dans un endroit si sauvage ? La comtesse répondit :

- Justement, parce que je suis une originale. D’ailleurs, je peux vous retourner la question en vous demandant ce qu’il y a à découvrir dans un endroit aussi beau.

- Beau ? Vous êtes vraiment étrange, répondit Lord Amilton, je préférerais cent fois repartir pour la civilisation. Sachez qu’il y a des mystères de par le monde. Comme ces tombes…

Sir Goddfroy coupa son jeune disciple. Il n’allait pas dévoiler l’emplacement de la créature, ni la signification de la tablette quand même.

- …ou l’on enfermait les rois égyptiens, compléta l’archéologue. Mon disciple déteste les grands espaces. Cela ne semble pas être votre cas, comtesse.

- A dire vrai, je suis agoraphobe mais j’adore courir nue dans la nature, retrouver mes instincts. (Elle se ressaisissa : la vérité n’était pas bonne à dire) Sérieusement, si je pouvais vivre parmi les loups comme Romulus et Remus, je n’hésiterai pas.

Silve souria. Goddfroy s’aperçu alors que la fille possédait une paire de crocs semblable à ceux des loups.Le sexagénaire en frissonna. Il se rappela de la légende que lui racontait sa mère au sujet des loups-garous. Le sixième sens de Silve lui signalait un danger. C’est alors qu’elle repensa à sa particularité physique. Elle ne perdit pas son calme pour autant :

- Mes canines se sont développées à force de manger de la viande humaine. Mais ne vous inquiétez pas, je suis maintenant végétarienne.

Elle se mis à rire. Amilton suivi. Goddfroy ne trouvait pas ça drôle mais il se força à sourire. Franchement, l’ancien détestait cette fille orgueilleuse qui se donnait un air sauvage pour draguer son disciple. Goddfroy ne se doutait pas que la comtesse ne mentait pas et qu’elle ne trouvait aucun charme au jeune homme.

La comtesse s’excusa et pris congé. Les deux archéologues allèrent inspecter leur cargaison : une sorte de cerveau sur pattes dont les yeux géants terrifiaient Goddfroy autant que les loups de son enfance.

Silve attendit que les deux archéologues soient endormis pour sortir de son sac de couchage, se débarrasser de son pyjama et courir dans le sable, dans les dunes, ou elle s’endormie à l’écart des hommes. Elle poussa un hurlement à la pleine lune avant de s’endormir, recroquevillée sur elle même.

Le troisième jour. La comtesse revint lentement vers le campement essayant de se coucher dans son sac avant le réveil des chercheurs. Elle ne les estimait pas assez pour leur permettre de se rincer l’œil. Elle n’eut pas de souci à se faire car le camion des explorateurs avait disparu. Voyant cela, la comtesse courra à quatre pattes, telle la louve qu’elle était et renifla les traces de pneus. Le camion avait du partir juste après sa fugue. Les brigands avaient eu le temps de lui dégonfler les pneus, de lui voler son eau et sa nourriture ainsi que ses vêtements. Visiblement, les explorateurs voulaient se débarrasser d’elle. Il lui faudrait une journée de marche pour arriver à la station mais, sans chaussures, elle se brûlerait les pieds. De plus, une fois sur place, comment expliquerait-elle sa tenue (ou absence de tenue) au gérant, arabe qui considérait la femme comme une chienne ? En se montrant chienne jusqu’à le mordre. Silve s’apprêta à se mettre en route lorsqu’une douleur à l’estomac l’immobilisa. Son ventre lui brûlait, elle regarda et vit une tache de sang au niveau de la poitrine. Son souffle s’emballa puis elle s’effondra. On venait de lui tirer dessus.

Au loin, goddfroy regarda le corps tomber grâce à son viseur. Il dit à son collègue, qui regardait dans des jumelles, surpris par ce qu’il venait de découvrir au sujet de Silve, que la comtesse était la preuve que les loups à forme humaine existaient tout autant que les Comags. Les deux hommes montèrent dans leur camion et se mirent en route vers leur destination où leur contact devait leur payer la découverte du monstre à forme de cervelle, laissant Silve en pâture aux animaux du désert.

La louve gisait inconsciente sur un sable brûlant, le soleil grillait sa peau. Le peu de vie qui restait à l’intérieur de son corps sentait des douleurs sur la peau comme si on la lui arrachait. Elle avait l’impression qu’un bec lui arrachait les yeux. Un autre coup de bec lui retirait le nez, ses oreilles tombèrent, ses yeux sortirent de leurs orbites. Non, elle était trop jeune pour mourir. Comment supporter sa propre mort sans pouvoir réagir ? Silve poussa un hurlement, le hurlement de la mort, de sa propre mort. Les oiseaux partirent, terrifiés par le cri… ou autre chose.

Xal s’approcha du corps détérioré de la comtesse. Le Comag repensa au futur, lorsque Silve prendra plaisir à dévorer Black sans même ressentir de la compassion en se mettant à la place de son ennemi. Mais la vue du cadavre lui rappelait une autre vie ou le Comag pleura sur la tombe de sa bien aimée avant que le conseil ne l’expédie dans ce passé. Xal était très proche de Silve et les yeux arrachés de celle-ci étaient un peu les siens. Une silhouette sombre apparue au loin. Juste à l’heure. Silve allait être sauvée comme prévu. Xal disparu.

La silhouette sombre s’approcha de Silve et approcha une main qu’elle posa sur le cadavre. Le corps mort fut enveloppé de lumière. La magie opérait. Le corps se reconstruisait, la blessure à l’estomac disparue, les cloques et coups de soleil s’évaporèrent, le nez et les yeux, ainsi que les oreilles, reprirent place. Silve, telle Lazare, revenait à la vie. Silve s’assit en regardant son sauveur.

C’était une femme dont le vieil age n’avait eu aucun effet sur sa beauté. Elle était vêtue d’une tunique sombre. Elle souriait, apaisante. Silve sentait une bonté infinie, émanant de la protectrice, se répandre dans son âme. Elle se sentait bien. Pour la première fois de sa vie, elle sentie le bout de ses gougouttes se durcir. Une impression qui la mettait à l’aise. Elle urina, signe qu’elle était joyeuse. Car, bien que l’on va encore me traiter de tout les noms, pensant que je considère les femmes comme des pisseuses, il faut se souvenir que la belle était une louve et que pisser est un signe de bonheur dans une meute. Silve, toujours assise, regardait le petit torrent se répandre dans le sable, créant une flaque, lac minuscule.

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La vieille femme pris la comtesse dans ses bras, la soulevant aussi facilement qu’un fétu de paille et la porta au travers du désert jusqu’à son habitation. Elle marcha, selon l’expression de Silve, une heure avant d’arriver à destination. Marcher n’est guère le mot approprié car la vieille femme semblait flotter à quelques centimètres du sol. Surement un mirage. Lorsqu’elle aperçue la maison de l’ange, Silve se crut plongée dans un conte de fées : la bâtisse était ronde et semblait en lévitation au dessus d’un jardin de fleurs magnifique. Un superbe arc en ciel entourait le tout. La fée semblait contrôler les éléments car un petit nuage volait au dessus d’eux, les protégeant des rayons du soleil.

L’intérieur était semblable à une maison de poupée, remplie de couleurs et de joie. La bonne fée fit prendre un bain à Silve, lui donna de la nourriture, des fruits gros comme des boulets de canon, sucrées comme peuvent l’être des fruits du Paradis, avant de la coucher dans un lit digne d’une princesse autrichienne. La Morgane lui donna un léger baisé sur le front, plongeant la louve dans un profond sommeil.

Au quatrième jour, la comtesse se réveilla couchée à l’ombre de son camion dont les roues avaient étés regonflées. A coté d’elle se trouvait des provisions, de l’eau ainsi qu’une tunique semblable à celle que portait la femme qui l’avait rendue à la vie. A ses pieds se trouvaient des sandalettes. Pour la première fois de son existence, Silve ne désirait qu’une chose : se vêtir de la tenue de son ange gardien afin de se souvenir de ce jour ou elle frôlât la mort et rencontra une déesse.

Silve se mit en route. Grace aux provisions, elle pouvait ne pas perdre trop de temps à la station et ne prendre que quelques minutes à remplir le réservoir d’essence. Ensuite, elle se promit de se venger de ces deux archéologues qui voulaient l’expédier dans l’Au-delà.

Le camion s’éloigna sous l’œil de deux observateurs : Xal et la vieille femme. Hypocondre s’adressa au Comag :

- Son heure n’était pas venue, de son destin dépend ton existence…

Chapitre 6 : Révélation (?)

 

An 3069, galaxie Delta. L’enterrement de Silve se faisait avec tout les honneurs dus. Après tout, la louve à forme de femme venue du passé n’avait-elle pas sacrifié son existence afin de renverser le tyrannique dictateur de la XXème royauté démocratique anarchiste ? Xal pleurait devant la tombe de celle qui lui était si chère. Le Comag se rappela d’un passage du passé de celle qui avait sauvée l’univers…

De nos jours. Elomire regardait, comme chaque matin, sa protégée s’éloigner en courant vers le mur séparant le jardin du château au reste de la propriété, bois rempli de fauves dangereux. Par la fenêtre, le domestique vit la sauvageonne lui faire signe avant de franchir la porte accédant à son domaine. Puis, Elomire s’éloigna de la fenêtre pour se rendre vers le téléphone. La journée précédente avait mis en doute sa perception du monde, faisant resurgir l’ombre de son passé. Déjà, Silve avait recommencée à manger de la viande humaine, mais, en plus, cette viande provenait de cette pourriture de Black, personnage sadique qui lui ressemblait étrangement. Ajouté à ces deux faits l’attaque d’un bébé géant, une image qu’il connaissait sans savoir d’ou elle provenait, ainsi que la tentative de viol faite par un gorille sur sa Silve, attaque littéralement foudroyée par un éclair surgit de nulle part et vous comprendrez qu’Elomire était dépassé par les événements. Le majordome composa un numéro qu’il avait souhaité oublier mais que le destin ramena à la surface de sa conscience. Une voix rieuse répondit, Elomire se présenta.

- Cosse, mon bon Philipe, s’exclama un homme d’un mètre doté d’une tête géante qui donnait l’impression d’être au carnaval, cela fait un moment (il sourit en repensant à la tentative d’assassinat d’Ille), comment vas tu ?

- Jean, tu n’as pas changé. Tu sais que je ne t’appellerais pas sans raison, surtout depuis notre brouille à Athis. Franchement, tu aurais laissé cette pauvre Silve sans défense ?

Pendant ce temps, dans la forêt du domaine des Chalussay, campait un homme chauve, réplique exacte du majordome de Silve. Black s’était installé à l’endroit de sa précédente mort. Mangeant un pot de nourriture pour bébé, seul aliment que le clone pouvait ingurgiter, le chasseur observait le squelette de son corps précédent, se souvenant de sa mort passée. Cette garce de femme louve avait osée se nourrir de son corps comme on mange une dinde de Noël : avec plaisir. Il faut avouer que sa chair devait être tendre après avoir été au contact de l’air, dépourvue de la protection d’une peau arrachée par une créature horrible, cervelle sur pattes, qui l’avait dépecé grâce à des sortes d’éclairs projetés par les yeux. Black ne pouvait tuer Silve, certes, bien qu’il avait envie de s’amuser à la torturer un peu, mais il pourrait se venger sur le cerveau. L’assassiner, ce serait comme tuer la comtesse, se dit le chasseur, car tout ce qui meurt sur le domaine de Silve est comme un meurtre d’une partie de son âme. Xal savait que le chasseur n’était pas loin de la vérité, que tuer le Comag qu’il était équivalait à tuer Silve. Ainsi, Xal préféra ne pas trop s’attarder à observer le chasseur, préférant se transporter dans un endroit plus sur. Il apparut sur une branche en bas de laquelle passa la louve.

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Silve était déterminée à capturer un gros lièvre pour le repas du midi. Elle connaissait un endroit rocheux ou le terrier était aussi présent qu’un trou dans un gruyère. Cette dernière pensée fit sourire Xal qui se souvenait de son viol par un gorille. Ce jour là, Silve avait vraiment été une enculée, surtout en refusant d’aider le Président. Xal savait qu’elle n’aurais jamais due refuser, mais la colère lui faisait assimiler l’homme et le singe. Ah ! Si Silve avait été absente du domaine pendant l’atterrissage de l’astronef Comag venu la chercher afin de sauver leur planète. Xal n’aurait pas vu le jour mais son amour serait encore vivante. Seul un miracle pourrait sauver la comtesse et la pousser à finalement accepter de se rendre sur l’île aux insectes. Xal, qui se remémorait cette période, ne savait pas qu’il était impliqué dans cette scène et qu’il était l’acteur de ses songes. En effet, Xal ignorait que le conseil lui donnerait la possibilité de voir en personne ce passage historique qu’il revivait en esprit. Ainsi, Xal n’avait pas le point de vue du lecteur lisant ce chapitre et pour lui, personne n’espionnait la comtesse ou le chasseur.

Silve renifla l’air. Une présence étrange lui rappelant l’épisode du grand singe emplissait l’air…

C’est alors que le conseil tira le Comag de ses souvenirs, lui remettant les pattes sur Terre. Xal était à l’enterrement de Silve et on allait lui donner l’ordre de voyager sur Terre à l’époque de l’enlèvement de Silve afin d’observer cette dernière. La suite, lecteurs, vous la connaissez car elle est contée dans les chapitres précédents. Mais Xal ignorait qu’un événement changerait le cour du temps et que Silve resterait dans son siècle, préférant aider son pays que lutter pour un monde inconnu. Xal serait le témoin de sa non-existence, son monde mourrait, lui évitant un enfer encore plus terrible. Car Silve serait morte pour sauve un monde d’une dictature mais en ignorant que le pouvoir nouveau serait pire que le précédent. Exceptionnellement, la vie d’une femme était plus importante que la vie de millions. Mais cela, simples mortels, ni vous, ni moi, ni Xal, ne pouvait le comprendre sans scepticisme. Seule la Mort connaissait l’importance du geste futur.

Pendant que le sort d’un monde se jouait, Elomire attendait la réponde à la question cruciale qu’il venait de poser à Jean : qui était réellement Black et quels liens entretenait-il avec lui ? (Je sais qu’il y a une éclipse avec le passage précédent mettant Elomire en scène mais c’est pour la compréhension de l’histoire.)

- Philipe, je suis désolé de te dire ça, mais je crois que Black est en quelque sorte ton demi-frère. Black est un groupe de clones dont la conscience est collective, dont les corps sont multiples et dont l’hybride de base a été conçu à partir de deux cadavres. L’un d’eux était celui de ton vrai père. Tu as été adopté très jeune, ignorant le nom de ton papa. Tu vas maintenant le connaitre : il s’appelait Robertson et était un bourreau à la solde de l’armée américaine.

Cette révélation flanqua une sacrée raclée à Elomire qui raccrocha machinalement le combiné alors que le nain riait à gorge déployée, fier de sa plaisanterie, d’un gout douteux, mais marrante tout de même.

Xal était perché sur sa branche, évitant de bouger. Si la comtesse l’apercevait, le cours de l’histoire changerait de direction. Xal ignorait qu’une autre personne l’observait. Hypocondre fit un geste et la branche se mis à pourrir avant de céder sous le poids de la créature. Xal tomba aux pieds de son corps précédent. Silve demanda à la si laide et répugnante chose ce qu’elle était et celle-ci répondit. La réponse glaça la louve de terreur :

- Je suis toi, la personne que tu deviendras dans un futur alternatif.

Chapitre 7 : La destiné.

 

Silve écoutait le récit de Xal, c’est à dire une version alternative d’elle telle qu’elle (c’est un envolée d’elle) le deviendra dans un futur lointain. L’histoire qu’elle se racontait était si extraordinaire que les sens de la louve ne perçurent pas qu’une troisième personne les espionnait. Il s’agissait de Black qui, devant ce conte étrange qu’il écoutait, oubliait sa vengeance envers les deux versions de Silve-Xal, pour une courte période, n’en doutons pas.

- Je suis née dans un futur lointain, très lointain, dans un monde qui le sera tout autant. Je ne suis ni mâle, ni femelle, étant donné qu’un cerveau n’a pas de sexe. Sinon, si un cerveau pouvait se reproduire, le monde serait rempli de génies. Je suis né au moment ou tu as décidé de sacrifier ton corps actuel pour ressembler à un Comag. Les Comags sont les êtres que notre cher Elomire pourchasse depuis des années sans succès. Je n’en ai jamais rencontré, mais je sais que si tu refuses de venir avec moi, tu aurais peut être une occasion future d’en rencontrer.

Dans une heure, un vaisseau va survoler ton domaine avec des voyageurs du futur à son bord. Ils ne te trouveront pas si tu acceptes la mission du Président. Moi, ils m’ont trouvé car j’avais refusé. Ils m’ont embarqués pour l’an 3069, époque ou régnera le dictateur Black 15, descendant direct d’Anthony Black, ennemi qui aurait du mourir sur l’île aux insectes. Les voyageurs viendront et devront trouver un animal à forme humaine. Ils te trouveront sauf si tu trouves un remplaçant. Je sais, tu ne comprends rien de ce que je raconte, mais sache que le futur dépend de ton choix. Si tu refuses ton destin, alors ton nouveau destin sera de devenir moi et de te voir transformée en la chose que je suis par Black 15. Si tu acceptes, le futur que je connaissais disparaîtra, et moi aussi, pour se transformer en une destiné différente, qui m’est inconnu, mais dont la vie de ton monde dépendra de toute façon.

- Je penses avoir compris. Mon destin est de me rendre sur l’île aux insectes. Si je déroge à la règle, personne ne pourra empêcher la descendance de Black d’envahir le monde qui deviendra une nouvelle dictature nazi.

- Les choses sont plus compliquées. Black, dans ton destin, aurait intérêt à te laisser aller sur l’île aux insectes et à t’accompagner. En t’aidant à accomplir ton destin, le sien sera cosmique alors qu’en t’empêchant de suivre ton destin et en le livrant au futur, à son descendant, le sien ne serait que mondial.

- Mon destin est lié au sien. Il faut donc que je retrouve Black. Mais comment retrouver un homme que j’ai dévoré ?

- Sache qu’il n’est pas unique et que les idées qu’il défend change de corps comme de chemise. Black a survécu, son âme a pris place dans un autre corps, clone de son précédent.

- Tu as dit que les voyageurs devront trouver un animal à forme humaine. Je suis la seule dans la région… sauf si la Bête du Gévaudan existe. C’est cela, la Bête, c’est la personne qui me ressemble et que je connais… Mais crois-tu que j’accepterai son sacrifice ?

- Le sacrifice a déjà été fait lorsque tu l’as vu disparaître au Maroc. Oui, la créature que tu as aperçue ce jour là, ce sera moi, si vous acceptez votre destin. Saches que la décision ne dépend plus que de toi, car je sais que tu as déjà choisie ta route, le seul à convaincre est le chasseur.

C’est le moment que choisi Black pour sortir de sa cachette, heureux de savoir qu’il avait un destin cosmique.

- Ma décision est prise. Entre avoir un destin mondial, avec une lignée de descendants qui contrôleront le monde ou un destin cosmique, je préfère la seconde possibilité. Au fait, quel est mon destin cosmique ?

- Le même que des hommes comme Socrate, Einstein, Darwin, Jules Verne, De Gaulle ou Vercingétorix. Tu vas dans la destiné identique.

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- Xal, demanda Silve. C’est quoi un Comag ?

- Je n’en sais rien. Ton destin est de le découvrir, mais bien que j’en ai l’apparence, je ne sais rien sur ces créatures. Tout ce que je sais, c’est que je dois t’aider à retrouver le chemin qui est le tien.

- Arrêtez de parler destin. On se croirait dans un discours de la méthode style « est-ce que le monde qui nous entoure existe ». Xal, puisque tu aimes philosopher, de quel ordre est le destin de la comtesse ?

- Son destin sera spirituel comme l’est celui de Dracula, Arsène Lupin, Etienne Lantier ou Sherlock Holmes.

Black éclata de rire. Le destin de ces hommes est de ne pas exister donc le destin de Silve est de ne pas vivre, de ne plus exister, bref de ne pas avoir de destin. Quel ironie de savoir que Silve serait réduite au néant alors que lui serait cosmique. Comique. Black aiderait Silve en l’emmenant mourir sur l’île aux insectes. Puis, Black deviendrait chef du GLR, nouvel Hitler prêt à envahir d’autres mondes, prêt à devenir le maître de l’espace.

Sur ce sentiment de puissance, Black tira sur le Comag qui s’écroula à terre. Silve, telle une tigresse, bondit sur le chasseur, ses crocs de louve prêt à sectionner les nerfs du cou du chasseur. Celui-ci esquiva et assomma la comtesse avec son revolver. Crachant sur le cerveau en sang, Black prit la comtesse et l’installa sur ses épaules, la portant à l’extérieur de la propriété, loin des voyageurs du futur, vers leur devenir.

Lorsque le chasseur et sa proie vaincue furent éloignes, une forme vêtue de noir apparut. Hypocondre redonna vie à Xal avant qu’ils ne disparaissent pour le passé rendre visite à une comtesse en chasse au Maroc et que la vie mettra sur le chemin du prochain sauveur de l’humanité. Car si le destin est changé, le futur reste incertain et seul un être possédant encore des valeurs issues du passé pourra empêcher la technologie de remplacer l’homme et donner à celui-ci un nouveau dictateur : la machine.

Une demi-heure passera avant qu’Elomire, encore sous le coup des révélations faites par Jean, n’aperçoive des lumières survolant la propriété. Elomire espérait que Silve soit suffisamment bien placée pour voir ces objets que le majordome n’identifiait. Hélas, il ignorait que le futur du monde était en jeu et que les lumières venaient chercher le sauveur d’un monde qui n’existe pas et n’existera jamais. Les lumières venaient chercher une femme louve mais trouvèrent un loup humanoïde. Ce loup s’appelait Romule et était destiné à remplacer Silve dont la destiné se trouvait maintenant dans une région d’Australie.

Maroc, deux ans auparavant. Sir Goddfroy et Lord Amilton rencontrèrent leur mystérieux patron dans une oasis essentiellement livrée au tourisme. La rencontre eut lieu dans un hangar et les deux hommes ne virent seulement le visage de l’homme qui les avait engagé qu’à ce moment. Ils s’agissait de Philipe Cosse et les aventuriers se gardèrent de parler de l’incident du désert.

Chapitre 8 : Romule.

 

Maroc. Dans le désert infini, en cette nuit de chaleur, roulait un camion rempli de bidons toxiques. Bien que les nuits, en cette période, étaient fraîches, la canicule persistait encore lorsque le soleil cédait sa place à la lune. La conductrice s’était dénudée après son départ de la station relais ou l’on faisait le plein du camion. Elle avait profité de ce cour répit pour s’acheter un survêtement (histoire de se vêtir pour son arrivée au camps américain) plus pratique que la tunique qu’elle portait à son arrivée. Elle avait également achetée des baskets ainsi que des renseignements sur la destination des escrocs qu’elle poursuivait.

Elle avait décidé de rouler de nuit afin de rattraper son retard et de pouvoir se venger des salauds qui l’avaient abattue. Soudain, ses sens animal se réveillèrent. Silve freina : une forme animale, en apparence, venait de traverser la route. Par la lumière des phares, la comtesse avait eu le temps de voir des yeux brillants semblables à ceux des félins. Silve arrêta son camion et bondit à la poursuite de la créature. Après un quart d’heure de course, la louve se trouva enfin face à face avec elle. Silve n’en croyait pas sa vue, bien que ses sens approuvaient la réalité des faits. La créature était un loup doté de jambes et de bras. L’homme loup et la femelle se reniflèrent avant de se lécher mutuellement. L’organe du loup se dressa de plaisir pendant que Silve laissa couler un filet d’eau de joie. Visiblement, le loup était comme la louve en recherche d’une personne équivalente pouvant rompre la tristesse de sa solitude. Le loup essaya d’exprimer sa surprise de voir une femelle de son espèce, belle, bien que dépourvue de pilosité abondante chez le loup qu’on nommerait garou dans nos légendes.

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- Moi content voir femelle. Belle pas poilue. Moi poilu. Pourquoi ?

- Si, je suis poilue à certains endroits. La réponse est que je suis une humaine qui a vécue parmi les loups alors que vous semblez être un mutant, un compromis entre un homme et un loup. Au fait, ou avez vous appris le français ?

- Moi abandonné ici age huit ans. Moi écouter radio peuple français vivre ici. Moi content trouver femelle.

- Il y a des français ici. Donc l’oasis ou devaient se rendre les archéologues ne se trouve pas loin. Acceptes-tu de m’emmener au camps ?

- Oui. Moi aider femelle ça moi aimer femelle. Toi avoir nom ?

- Appelles moi Louve, je t’appellerai Romule.

Et c’est ainsi que les deux loups coururent ensemble chasser les ennemis de Silve.

Les archéologues rencontrèrent leur chef, Philipe Cosse, qui désirait jeter un œil sur la cargaison. Sir Goddfroy s’y opposa :

- Le coffre du camion est fermé grâce à un code que je suis le seul à connaitre. Le marché est simple : je donnerai la combinaison après avoir eu la marchandise.

- Je comprend ta méfiance, répondit Cosse. J’avoue ne pas avoir plus confiance en toi que tu n’en as à mon égard. Trouvons un compromis : je te livre les documents secrets pendant l’ouverture du coffre. Ton pote aura la consigne de tirer sur le premier de nous deux qui essayera de duper l’autre.

- Tu as une étrange confiance en Lord Amilton.

- Parçe que je connais sa réputation et que c’est moi qui l’est engagé. Alors que j’ignore tout de tes patrons, cette section d’analyse de l’évolution qui désire mes renseignements.

Sir Goddfroy approuva et invita Cosse à l’accompagner au camion suivi par Lord Amilton, prêt à remplir son contrat. Il composa le code d’ouverture de la porte et, pendant que le mécanisme se mettait en marche, il prit le dossier que Cosse lui tendait. Un dossier dont le nom était « Silve de Chalussay ». La porte laissa place à une remorque vide. Le coffre ne contenait aucun corps, ni objets du tombeau marocain ou l’on avait découvert un Comag (dont le nom était inconnu à l’époque).

- Hé oui, Cosse, le camion est vide. Saches que tu n’es pas le seul dont la quête pousse à rechercher ces créatures cerveliques. Ton pote, Jean, nous a offert un meilleur prix. Désolé qu’il t’ai devancé mais tu pourras toujours le contacter. En échange de ta collaboration à son groupe de protecteurs rebelles, il t’autorisera surement à voir le tombeau qu’il s’est offert. Merci pour les documents. Bonne chance pour la suite.

- Oui, à charge de revanche.

Sir Goddfroy et Lord Amilton laissèrent Elomire à la défaite et reprirent leur route. Il ne restait plus à Cosse à rentrer en France retrouver sa chère Silve. Hélas, il ignorait que sa protégée était prêt de lui, pourchassant les escrocs qui l’avaient arnaqué. Il ignorait que Silve, aidée par un loup humain, suivait les traces des archéologues. Cosse aurait pu rencontre sa fille adoptive si le destin, encore une fois, ne venait s’en mêler.

Du haut d’une dune, les yeux perçant de la comtesse perçurent le camion des archéologues quitter l’oasis. Silve grogna à l’idée qu’elle les avait manqués de justesse. En rejoignant le camion et en prenant la même direction que ses proies, elle pourrait se venger d’ici l’aube. Elle courut, suivie par Romule, jusqu’au camion ou elle pris place. Romule hésitait à prendre place à ses cotés :

- Romule peur machine roulante. Machine écrase bêtes.

- Je sais que tu n’as jamais eu l’occasion de faire un tour de camion mais ne t’inquiètes pas. A l’intérieur, on est aussi puissant que le vent du désert. Tant que je dompterai cet engin, tu seras en sûreté. Mais tu es libre de ne pas monter, de montrer ta lâcheté à ta femelle, de rester seul pendant qu’elle part au combat. Oui, tu es libre de me perdre.

- Non moi aimer femelle. Moi suivre Louve moi montre force à amour.

Silve sourit en voyant Romule monter à ses cotés en tremblant. Jamais, à part Elomire, une personne n’avait fait de sacrifice pour démontrer son amour. Romule avait trouvé son égal, son équivalent féminine, et ne tenait pas à la lâcher. Il lui fallut une heure de route, interrompue par des arrêts vomis, pour s’habituer à la route. Il se détendait petit à petit, procédant à des attouchements sur Silve qui le laissait faire, comprenant que c’était le seul moyen qui permettait à Romule de taire son anxiété. Silve commençait à aimer Romule et songeait à s’offrir à lui en échange de ses services. Hélas, il lui faudra attendre deux ans avant d’être dépucelée par un grand singe à l’intérieur de son domaine. C’est en souvenir de Romule que la louve acceptera de subir ce viol, espérant revoir cet amour de jeunesse qui disparaîtra aussi mystérieusement qu’il apparut dans son existence.

Mais le temps était encore à l’amour et Silve profitait de la présence de Romule comme si elle connaissait d’avance son devenir, comme si elle sentait que le loup humain deviendrait le messie d’un futur alternatif ou il réussirait à sauver un monde, à en devenir le roi, gouvernant celui-ci dans la paix, en souvenir de son unique amour, d’une Silve dont le destin était ailleurs.

Chapitre 9 : Torture.

 

Silve se réveilla attachée sur le dos, couchée sur une sorte de table d’opération. Ses mains et ses mollets étaient liés aux pieds de sa couchette. Au bruit qui l’entourait, elle devina que Black la retenait prisonnière dans un avion qui devait se rendre en Australie. Silve reconnue deux de ses anciens ennemis : Lord Goddfroy, occupé à lui raser sa pilosité sous les bras et Lord Amilton qui lui rasait la foune.

- Vous devez prendre votre pied à m’utiliser comme l’objet de vos fantasmes, dit la comtesse. Vous travaillez maintenant pour Black ?

- En effet, et mes deux associés vous préparent pour un petit amusement, répondit une voix qui dégoûtait Silve autant que la peste.

Black fit signe à ses hommes de se hâter, puis, une fois leur tache achevée, leur demanda de le laisser seul avec sa victime.

- Nous voila seul en tête à tête. Vous avez dormi huit heures, puissant, ces somnifères que je vous ai fait avaler. Nous partons vers l’île aux insectes, vers notre destiné. Afin que vous puissiez être assez éveillée pour mourir, nous allons jouer ensemble. Vous savez que le corps d’une femme possède assez d’attributs pour la faire jouir lors d’actes charnels mais que ces mêmes attributs peuvent aussi permettre de la faire souffrir. (Il s’alluma une cigarette.) Le vagin d’une femme, par exemple, est le lieu de toutes les joies, tant féminines que masculines mais je trouve qu’il ne rempli pas toutes ses fonctions. Je possède une âme de poète qui me donne le pouvoir d’imaginer de nouvelles formes à des objets banals. Il m’arrive, lorsque je prend plaisir à fumer, de comparer un cendrier à un vagin. Je me suis toujours demandé si le contraire était possible. Le but du jeu est simple : je jouerai au fumeur et votre vagin interprétera le rôle du cendrier. Prête ? Le jeu commence.

Le chasseur écarta l’orifice de la louve et déversa de la cendre encore chaude dans le sexe de la comtesse qui hurla de douleur.

- C’est un jeu qui ne manque pas de sel, n’est-ce pas ?

Sur ce, il déversa une poignée de sel sur les cicatrices intérieures du con de la belle qui souffrit de plus belle, belle…

- Comme le jour. Difficile de voir les cicatrices d’un viol se refermer avec de la cendre et du sel par dessus. Mais je suis plus sympathique que vous le pensez et je sais soigner la douleur.

Black se mit à cracher dans le sexe de Silve avant de redéposer de la cendre.

- Excusez moi, mais je préfère battre la cendre pendant qu’elle est encore chaude et je me suis dit qu’il faudrait nettoyer les crachas qu’il y a dans ce trou. Vous le lavez de tant en tant ?

Black se sentait revenir en enfance, lorsqu’il capturait des pigeons et se livrait à des expériences sur ces oiseaux idiots, qui suivaient une route gravée dans leur mémoire sans chercher à suivre d’autres voies. Il se souvenait aussi de ses expériences en classe de physique ou il devait ressusciter des pattes de grenouille grâce à l’électricité. Sur ce bon souvenir, les yeux de Black fixèrent les jambes de Silve qui chialait comme une madeleine. Pourquoi ne pas reproduire l’expérience avec de belles jambes de louve ? Black prit des électrodes qu’il plaça sur les seins et dans le minou de la comtesse, fils reliés à une batterie électrique.

- Je crois que votre sexe à pile va faire des étincelles.

Il appuya sur l’interrupteur, mettant le mécanisme en route. Les cheveux de Silve s’irisèrent sur sa tête. Pourquoi tout le monde en veut-il à sa zézette ?

- Cela te plait à ce que je vois, tes nénés se dressent. Allez, on en remet un coup.

La décharge fit sursauter le corps de Silve. On aurait dit une de ces sales grenouilles. La comtesse tomba dans les pommes…

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…Et se réveilla couchée sur un fauteuil, vêtue d’une chemise. A son chevet se trouvait Black, habillé en docteur, l’air doux, qui appliquait une crème entre les jambes de la louve, crème qui lui faisait un bien fou. Silve aurait pu bondir sur l’homme mais son sixième sens le lui défendait. Elle ne savait pas pourquoi mais, bien que possédant le même physique que son bourreau, le personnage semblait différent.

- Ce salaud de Black connait bien son travail : il vous a fait souffrir sans vous esquinter. Je suis le docteur Robert White, médecin humanitaire et otage, autant que vous, de Black. La différence est que je suis prisonnier d’une manière subtile : Black et moi partageons le même corps et je n’occupe qu’un quart de la vie du personnage. Black ne me laisse m’exprimer que lorsque cela l’arrange.

White tendit un document à Silve.

- Tenez, Black m’a confié ceci qui vous ait destiné. Vous trouverez dans ce dossier tout les éléments qui vous permettrons de détruire l’île aux insectes. Un conseil au sujet de Black : son point faible est son désir de puissance. Pour le vaincre, empêcher son esprit de retrouver le chemin d’un clone à son image, il vous faudra capture son esprit. Je peux vous aider mais seulement à 25 % de ses possibilités.

Silve remercia White qui sortit de la cabine ou elle se trouvait prisonnière, afin de permettre à Black de revenir et de donner des ordres à ses hommes. Le document disait ceci :

… battit en 1985 par le GLR. Les expériences sur les insectes ont mal tournées et une étrange mutation s’accomplit. Le premier sujet du transfert se métamorphosa, comme dans le film inspiré par cette expérience, en un homme mouche. Après avoir fécondé sa fiancée, il mourut des mains de celle-ci par un coup de fusil. Mais l’histoire diverge alors. Le fils de l’homme-mouche naissait et réussit à guérir son mal en se clonant avec un nazi. Robert poussa les expériences aux limites du possible en créant une race insectoïde de femmes et d’hommes, mélange d’araignées, de guêpes et de cafards tous dévoués à son service. Tel le docteur Moreau sur son île, White devint le maître de son royaume. Mais Black, personnage énigmatique faisant circuler des rumeurs différentes sur sa propre naissance afin de tromper ses ennemis, nous ne sommes pas certain que ce rapport soit réel et que les faits ne proviennent pas encore de l’imagination du maître de l’île. Nouveau maître des lieux, Black offrit ses services de mercenaire au GLR ainsi qu’à divers organismes. Seul le groupe des protecteurs rebelles refusa ses propositions, préférant s’occuper d’Ille (cf. dossier 581c) personnellement. On recense aussi un double de Black, naturel, que les services secrets nomment Philipe Cosse (cf. dossier 3081d) qui, sous le nom d’Elomire, s’occupe des affaires économiques et privées de la comtesse Silve de Chalussay (cf. dossier 10a), femme louve élevée dans le mystérieux pays d’Athis. Cosse connaîtrait Jean (dossier 8a), mutant à la tête du groupe des protecteurs rebelles, faisant de lui un personnage dangereux pour notre section d’analyse de l’évolution, d’autant plus que notre Président semble se douter de notre existence et vouloir contacter nos ennemis…

…sera gouvernée par Black jusqu’à son départ pour le Zaire ou une mutinerie éclata. Le chef des mutins se nomme Ad et il s’est autoproclamé roi du pays insectoïde (comme les hommes-insectes nomment leur île). Black rejeté de son propre état demanda de l’aide à ses anciens patrons, le GLR. Il obtint la promesse de récupérer l’île grâce aux soldats d’élites du groupement à condition qu’il leur livre la comtesse de Chalussay…

- Vous étes bien remise, constat Black en rentrant. Mon pote White vous a bien réparée.

Silve voulut bondir sur le chasseur mais, comme avec White, une force semblait l’en empêcher. Black lui donna l’ordre de rester immobile et de retirer sa chemise. La comtesse se surpris à obéir.

- Vous devez vous demander ce qui vous arrive. Levez vos bras et regardez en dessous. Vous constaterez que notre ami White vous a greffé des microcontrôleurs, reliés à vos nerfs, nous permettant de vous contrôler comme si vous étiez une automate. Vous comprenez ma douleur de posséder un corps que l’esprit ne peut diriger. Vous voyez, je vous touche les seins et vous ne me sautez pas à la gorge pour vous défendre. Il faut vous faire une raison : vous êtes sous mon emprise et vos derniers actes seront de m’aider à récupérer mon île. Maintenant, asseyez vous et bouclez votre ceinture. Mon hydravion va se poser à proximité de l’île ou nous accosterons. Ironique de refuser de sauver un monde pour mourir dans un autre, reproduisant le destin auquel vous pensiez avoir échappé. Mon destin est cosmique, le votre n’est que spirituel, esprit sain dans un corps malade.

Black éclata de rire, décuplant la rage de la louve qui ne pensait qu’à une chose : se libérer de son emprise afin de déchiqueter le chasseur à nouveau.

Chapitre 10 : L’île aux insectes.

 

Maroc. Silve et Romule avaient suivi la trace des archéologues jusqu’à un campement touareg.Visiblement, les deux hommes avaient étés capturés par les itinérants qui, furieux de constater que le camion fut vide, s’apprêtaient à exécuter les bandits. Silve et Romule étaient couchés sur le ventre, cachés par une dune, attendant un moment propice pour porter secours aux affreux, dans l’objectif de se venger, bien sur. Minuit approchait. La veillée se terminait et la majorité du campement allait se coucher. Silve ordonna à son ami de rester à faire le guet pendant qu’elle irait détacher les prisonniers. Elle s’approcha du campement, se faufila entre les tentes puis pénétra dans la tente ou étaient prisonniers les voleurs, après avoir neutralisé le garde. Silve eut la surprise de les trouver en compagnie de quatre prostituées, se livrant à des jeux que la décence défend de décrire. Silve fut frappée par surprise, par le Cheikh Ben Soulad, l’hôte des archéologues, et ne saura jamais que celui-ci travaillait pour le groupe des protecteurs rebelles et s’était occupé de transmettre la cargaison à son véritable patron.

Silve fut réveillée à l’aube, attachée sur le sol par des piquets, par des douleurs sur la peau. Une horde de fourmis était en train de se régaler d’elle dans un endroit déserté par les touaregs. Silve savait que cette espèce de fourmis dévorait un bœuf en un dizaine de minutes. Son salut provint d’une vingtaine de tamanoirs qui, sous le commandement de Romule, vinrent nettoyer sa peau de ces horribles insectes. Romule eut juste le temps de la détacher avant de disparaître dans une clarté blanche, transporté, par Xal, trois années dans le futur, laissant seule une louve unique en son genre.

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Trois ans passèrent. Silve venait d’accoster sur une île perdue au large de l’Australie. Soumise à la volonté de Black, accompagnée de Lord Amilton et Sir Goddfroy, elle n’avait pas d’autre choix que de les suivre dans la jungle épaisse peuplée d’hommes-insectes créés, selon les rumeurs, par White, double bénéfique (?) de Black, et qui s’étaient renommés Adiens, du patronyme de leur Roi.

La jungle ressemblait à un champ remplie d’herbes géantes, à une prairie surdimensionnée ou les quatre individus ressemblaient à des insectes égarés.

- Incroyable ! s’exclama Anthony. Ad a accomplit des progrès énormes dans la modification cellulaire de la flore. Chère esclave, admirez ce point de vue qui représente notre taille par rapport à la nature. L’homme est un insecte face à la création. D’où l’importance pour l’humain de devenir égal à Dieu.

- Vous êtes fou, Black, fou de croire que nous réussirons à reprendre l’île aux Adiens, quatre contre un nid d’insectes vivants dans leur univers.

- Je pensais que vous comprendriez, chère Silve, que je suis un esclave autant que vous (Anthony retira sa veste et se retrouva torse nu). Regardez sous mes aisselles, on m’a greffé le même mécanisme qui permet de vous contrôler. Oui, sachez que je suis dans la position ou vous êtes : prisonnier d’un corps qu’une autre personne contrôle pour vous. Sachez que le méchant c’est White qui contrôle mon esprit, mes idées, du fond de mon inconscient. Nos deux amis sont en fait des agents à la solde de mon double négatif (!).

- Doucement, black, cria Lord Amilton, tu parles trop. Ad m’a promis de faire de la femme louve mon épouse si je te ramène vivant alors ne m’oblige pas à t’abattre.

Anthony avança sans bronche. Ce n’est qu’en passant devant elle que Silve aperçue pour la première fois des ailes de mouche dans le dos du chasseur.

- T’emballe pas femelle, s’exprima Sir Goddfroy. Quand Ad t’aura trafiqué, tu ressembleras autant à un Adien qu’à une femme louve. Vois la gueule que tu auras.

Les vêtements se déchirèrent alors que le corps de Sir Goddfroy semblait gonfler. Devant les yeux d’une Silve paralysée, s’accomplissait une étonnante transformation ou l’homme laissa la place à un patchwork de guêpe, d’araignée et de cafard.

- T’es con, Go, s’exprima Lord Amilton. Tu vas faire tourner le lait des pis de ma future femelle. Amour, je vous promet de garder forme humaine afin de vous plaire jusqu’à votre transformation.

Ils reprirent leur chemin, la comtesse s’interrogeant sur son choix : avait-elle bien fait de refuser d’être transformée en cerveau sur pattes si c’était pour se retrouver en insecte humanoïde ? Son destin était-il de ne jamais être totalement humaine, tantôt louve, tantôt Comag, tantôt Adien ?

Elle l’ignorait mais deux personnages suivaient le groupe en cachette. Xal avait décidé de transporter Romule à ce moment afin de venir en aide à son autre moi. Romule était destiné à être l’empereur d’un autre univers ou il sauverait son peuple et régnerait dans la paix, ainsi pouvait-il se permettre une étape dans son destin et sauver sa bien aimée.

La marche s’acheva lorsque la destination fut atteinte. La ville des Adiens se présentait comme une énorme ruche montée sur une fourmilière de proportion identique. Des milliers d’Adiens se hâtaient à leurs travaux, représentation du travail des insectes à échelle humaine. Sur le sommet de la ruche flottait un drapeau nazi alors que la statue d’Hitler semblait garder l’entrée de la ville. Derrière les bruits de pas des Adiens qui défilaient au pas et des bourdonnements des gardes, Silve distingua l’hymne du troisième Reich. L’intérieur de la ville était composé de toiles d’araignées géantes, donnant une impression de cordes suspendues sur lesquelles semblaient vivre les Adiens.

A dire vrai, l’intérieur de la ruche est identique à un cruche géante ou aurait élue domicile une armée de tisseuses de toile. La fourmilière n’était autre que le prolongement sous-terrain de la toile géante avec, toutefois, une multitude de galeries ou se trouvaient les habitations, commerces et autres endroits indispensables dans la vie des humains, bien qu’à moitiés insectes.

Il était difficile à Silve et ses deux compagnons à forme humaine de se mouvoir sur ces cordes arachnéennes, d’autant que la peur du vide prenait souvent le dessus. Seul Go (nom Adien de Sir Goddfroy) était dans son élément.

Les aventuriers, prisonniers ainsi que gardiens, arrivèrent au centre de la ruche ou, au milieu du vide, maintenu que par la présence des toiles, se trouvait le trône du roi Ad. Go s’agenouilla alors que Am (nom Adien de Lord Amilton) se changea en Adien afin de se positionner devant son roi sans perdre équilibre et faire une chute mortelle. Le roi, le plus laid des insectes, s’exprima dans un langage incompréhensible pour un humain, une sorte de mélange entre un bourdonnement d’abeille, des cris de cafards et divers sons indescriptibles. Am repris forme humaine, se retrouvant nu devant ses hôtes, et traduisit :

- Le roi souhaite la bienvenue à son créateur ainsi qu’à la future Adienne de son peuple. Quant à ma nudité, chère Silve, j’espère qu’elle ne vous dérange pas plus que ne me dérange la votre.

- Sachez, répondit Silve, que je conçois votre nudité comme je conçois la mienne, à condition que votre onzième doigt se content de rester pointé sur moi.

- Pour toute réponse, sachez que, mes doigts de pieds compris, je possède vingt et un doigts et que, sous ma forme Adienne, j’en possède seulement huit.

Le roi parla. Am traduisit :

- Notre roi ordonne de transférer le traître qu’est notre créateur dans son cachot et de conduire notre future Adienne à la salle de transformation ou elle connaîtra sa renaissance.

Silve se surpris à rester calme malgré la situation. Peut être que tout les événements qu’elle avait subie durcirent son caractère au point de pouvoir faire face à toute nouvelle circonstance ? Silve sentait au fond d’elle que son sort était de sortir vivante de cette aventure et …

Elle comprit alors le sens des paroles de Xal. Son destin était spirituel. Depuis l’enfance, Silve avait apprise à contrôler les deux aspects de sa personnalité, la louve et la femme. Ainsi, n’aurait-elle pas de mal contrôler ses transformations en Adienne et à garder forme humaine (celle qu’elle chérissait tant) si elle le désirait.

La comtesse fut conduite à l’extérieur de la ruche, dans un endroit qui était semblable à un camps militaire humain où des Adiens à forme humaine menaient une vie de militaire. Silve eu le sentiment de pénétrer dans un camp nazi de la Seconde Guerre. Elle fut emmenée dans un laboratoire, le Laboratoire, ou se trouvait un immense cube rougeâtre dans lequel on l’enferma. Un des scientifiques, ils étaient cinq, mis une araignée, une guêpe et un cafard dans un réplique miniature du cube rouge. Un autre actionna un générateur. La machine se mis en marche dans un bruit sourd. Silve cria. La transformation commençait.

Xal suivait Romule qui, grâce à son flair animal, avait repéré la trace de Silve, de la berge à la « ruche-fourmilière » et, à partir de celle-ci, jusqu’au camp de concentration. Il régnait dans ce lieu une odeur nauséabonde de mort qui déstabilisait les sens pourtant aiguisés du loup humain. Ce n’est que grâce à son ouïe sensible qu’il réussit à déterminer l’emplacement de la captive.

Silve souffrait et plus elle souffrait plus la transformation s’opérait. Plus les cris redoublés, plus le scientifique en chef prenait plaisir à la faire crier. Plus il accélérait la transformation, plus la douleur de la métamorphose grandissait. Ce cercle sans fin fut interrompu par Romule qui, sautant par delà la fenêtre, brisant la vitre, brisa la vie du monstre à forme humaine par des coups de crocs puissants. Xal en profita pour ouvrir le cube ou silve était martyrisée, arrêtant le mécanisme par la même occasion.

La porte coulissa, laissant sortir une créature moitié-humaine, moitié-louve, moitié-cafard, moitié-araignée, avec un zeste de guêpe  qui donnait à ce monstrueux ensemble une beauté que ne possédait pas l’ensemble des Adiens. Malgré sa forme, il était incontestable que la comtesse avait gardée sa beauté. La Silve Adienne, Sil pour les Adiens, cracha un liquide verdâtre sur un de ses bourreaux qui se liquéfia sous l’acide, et dont les os mêmes se brisèrent.

- Sous sa forme humaine, il est aussi fragile que n’importe quel homme, expliqua une Sil dont la voix vibrée comme un bourdonnement.

Pendant que ses deux camarades se conduisirent en lâches en s’enfuyant, un des scientifiques se transforma en Adien afin de contrer Sil qui, par sa volonté, redevint Silve, ses poils pubiens repoussèrent, signe qu’elle redevenait humaine, nue sans ses baskets qui périrent en héros dans le cube, et sauta à la gorge, si ce nom est approprié, du monstre, lui déchirant la chair avec ses crocs, comme l’eut fait Romule qui aida sa bien aimée en faisant de même, recommençant son geste glorieux. Le Adien tomba aux pieds des loups, baignant dans du sang bleu, qui hurlèrent leur victoire.

- Je suis heureuse de constater que je peux maîtriser mes métamorphoses kafkaïennes grâce à mes instincts de louve. Franchement, je me préfère en femme qu’en Adienne, malgré la puissance de cet autre corps. Retournons délivrer Black.

- Mais tu es folle, répondit Xal. Tu vas affronter une armée d’Adiens pour délivrer ton pire ennemi alors que le destin de l’île est de disparaître. Un navire de guerre approche avec, à son bord, une bombe atomique qui va être larguée sur ce monde, délivrant le globe d’un fléau terrible.

- Mon instinct me dicte que je doit affronter Ad, que celui-ci est lié à mon destin, et que Black est la clé de mon avenir. Ad m’a fait souffrir, m’a fait perdre les trois cinquièmes de mon humanité, laissant un cinquième de louve et le reste de femme. A cause de lui, je serai partagée entre trois vies me forçant à vivre un dilemme cornélien ou je devrai choisir en permanence si c’est la femme, la louve ou l’insecte qui devra réagir. Plus que ma mort, c’es cela que souhaitait me faire subir Ad. Qu’il en paye le prix.

- Louve bien parler, approuva Romule.

Xal du se faire à cette idée de vengeance (n’était-ce pas la sienne après tout ?) et téléporta Silve et Romule prés de la tanière d’Ad. La comtesse demanda à y aller seule, que, sous sa forme insectoïde, elle passerait plus inaperçue et qu’elle pourrait  se mouvoir plus rapidement à l’intérieur. Mais, surtout, cette affaire était personnelle et ne devait impliquer aucune autre personne. Nul ne devait risquer sa vie pour elle. Elle devint Sil et partit pour son destin, sans se retourner, sans voir que Xal se téléportait ailleurs, dans le passé, au domaine des Chalussay, conduisant Romule à son destin, dans un avenir alternatif ou il deviendra roi, sauvant Silve d’un autre destin ou elle aurait due devenir Xal, et un univers voué au culte de l’artificiel.

Silve était surprise de constater avec quelle façon elle avait pu entrer dans la ruche. Ses sens lui indiquaient que la simplicité de son évasion autant la simplicité à pénétrer dans le repère des Adiens n’était pas le fruit d’un hasard mais bel et bien des actions réfléchis par son ennemi. Ad avait tout calculé, et sa rencontre , puis son affrontement avec lui, seraient prémédités. Toute l’opération n’avait qu’un but unique : permettre l’affrontement Silve-Ad. Dans quel objectif ? Elle l’ignorait.

Pourtant, alors qu’elle s’attendait à y trouver le roi des Adiens, ce fut Am qu’elle trouva, celui-ci avait forme humaine.

- Chère fleur des bois, je vois que vous vous êtes vite habituée à ce nouveau corps. Vous êtes bien la femme que mon peuple attendait. Il nous faut en moyenne une dizaine de mois pour nous faire à ce ce corps alors que vous, grâce à votre double personnalité femme-louve et, grâce à ce conflit intérieur que vous devez gérer en permanence, vous l’avez déjà adopté. Je pense que vous êtes bien la femme de ma vie, que j’épouserai afin de renverser notre roi qui ne désire exterminer qu’une partie de la population non Adienne. On n’en a rien à faire des animaux, tuons les en même temps que les humains. Nous n’aurons qu’à bouffer nos morts. Je sais que cela ne vous dérangerait pas.

- Je respecte trop les animaux pour vous permettre de renverser le roi actuel et je respecte maintenant assez les humains pour tolérer qu’ils existent, mais je ne respecte pas assez les monstres pour qu’ils survivent.

- Pourtant, vous en avez l’apparence.

- L’apparence ne fait pas le monstre. Ce sont les idéaux qu’une créature défend qui la rend monstrueuse ou non. Je n’aime pas vos idéaux, ni ceux de vos semblables et je me ferai une joie de les supprimer.

- A votre guise, mais sachez qu’en nous abattant parce que nous n’avons pas les mêmes idées que vous, vous ne vaudrez pas mieux que nous.

Sur ces paroles, Am reprit forme Adienne et fonça sur Sil. Un choc de titans commença où chaque combattant essayait de bousculer l’autre à l’extrémité de la toile ou le perdant ferait une chute mortelle.

Cependant, à quelques mètres sous terre, un personnage étrange suivait le combat grâce à une boule de cristal. Il voyait les deux guerriers utiliser toutes leur force afin de remporter la victoire. Il voyait des milliers d’Adiens entourant la toile centrale, ou se trouvait le trône, regardant avec passion l’affrontement comme les romains le faisaient dans leurs cirques.

Puis il vu l’incroyable coup de théâtre quand Sil redevint Silve, la louve, et sauta au cou d’Am, le mordant à plein crocs, faisant perdre équilibre à celui-ci. Am tomba, entraînant Silve avec lui. Le match s’achèverait-il par un match nul ? Non, car Silve se détacha de l’emprise de l’Adien et se transforma en Sil. Par un incroyable fait du sort, Sil déploya des ailes de guêpe et s’envola. Am, guerrier et, donc, comme tout soldats, dépourvu d’ailes, s’écrasa sur le sol. Chez les Adiens, seules les femelles étaient pourvues d’ailes, mais celle-ci n’apparaissaient pas dans proportions suffisantes pour voler. Sil était la première Adienne dont les ailes permettaient le vol.

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Sil se posa au sol et laissa place à Silve qui, grâce à sa forme humaine et son instinct de louve, n’eut aucun mal à éviter les dards venimeux des gardes qui défendaient l’accès aux souterrains. Silve ayant réussit à se faufiler dans l’un d’eux humât l’air à la recherche de l’odeur de Black. Elle n’eut aucun mal à la trouver (cela était trop simple) et à suivre la trace du chasseur.

Chapitre 11 :     .

 

Silve arriva dans un immense entrepôt où étaient stockés des milliers de tombes Comags. Ad collectionnait donc les vestiges de ce monde étrange et inconnu qui poussa Elomire à suivre une quête improbable. Silve marcha entre les tombeaux, suivant une odeur familière, entre celle d’Ad et celle de… sa propre odeur masculinisé. Et c’est là qu’elle comprit d’où venait la confusion. Derrière un globe de voyance, elle vit Ad, qui, en la voyant, repris forme humaine, se transformant en un homme ressemblant trait pour trait à Silve. Il se présenta comme son frère caché, Adrien de Chalussay, double de Silve, Sil et Xal, qui n’attendait que la venue de son autre moitié, sa part féminine, afin de donner au monde l’être ultime, la fusion entre le bien et le mâle, donnant naissance à Ille, l’être hybride qui détruirait le monde. Ille, le monstre que Jean cherchait à étouffer dans l’œuf, Jean qui venait d’ailleurs d’accoster sur l’île, accompagné par une armée d’hommes-bébés, avec le but d’empêcher la naissance l’antéchrist ultime et sauver Silve, l’ange de la nature, fille spirituelle des déesses Artémis et Unis. Jean, qui n’avait que cinq minutes pour accomplir son destin avant qu’une bombe atomique ne s’abatte sur l’île de Muroroa, la supprimant de la surface du globe pour toujours. Silve regarda le monde dans le globe de cristal, voyant le tout et le rien, comprenant la vie, la mort et sa spiritualité. Il vit le compte à rebours commencer. Elle se vit naître, rencontrer Elomire, Xal, Romule, et se rencontrer en personne. Elle franchit la barrière de la réalité et suivit son autre moi dans le globe, dans un monde ou elle était…

Boum – 5 minutes…

Bernard était au chômage depuis 18 mois, avec à peine de quoi nourrir sa femme et ses deux chiens. Il ne lui restait qu’un mois avant que l’échéance ne tombe et que ne tombe sa mise en demeure. Sa demeure prise, il n’aurait d’autre alternative que de se creuser sa tombe, ou dormir sous les ponts. Bernard haïssait la société ou l’on avait que le choix de la misère : être misérable au travail, malheureux au boulot, ou être misérable sans travail, malheureux sans boulot. Le monde veut que l’on soit un travailleur, bossant une quinzaine d’heures par jour payés au SMIC, se prostituant moralement pour ne pas devenir chômeur, ou un sans-emploi, cherchant un sens à sa vie, la cherchant sans la trouver. La trouvant parfois dans les livres mettant en scène des comtesses-louves et des insectes fascistes, s’évadant parfois de la prison à échelle planétaire qu’est notre civilisation. Bernard pleurait parfois en se disant que le monde était trop matérialiste pour comprendre la poésie, l’art, le spirituel. Ce qui ne rapporte pas n’a aucune valeur, lui avait dit son éditeur. Et alors ? Les dix commandements, les droits de l’homme, les contes de la Bécasse, les lettres de mon moulin, les toiles de Mickey l’ange et l’humour du philosophe coluchien, Diogéne, que ces comptes idiots gênent à en pleurer, n’est-ce pas la vie, sans artifice, sans fric, riche de leur bon sens, sens de la vie Monty Pythonesque à la sauce 6, MacGoohanisante, sans espèce sonnante et très buchante ? Bernard haïssait l’immobilisme de la population qui ne songeait qu’à sa paix personnelle au prix de la liberté de son prochain. Combien de Black devront tuer pour que le Zaïre soit libéré de la dictature de l’ONU, veillant à sa paix quand celle-ci rapporte ? Le monde est pourri par le fric et le fric pourrit le monde. Et, pendant que l’Union Européenne calcule le diamètre du concombre, Bernard se laisse aller à ses songes et se met à rêver qu’il est…

Boum – 4 minutes…

André était fonctionnaire au service timbrage de la Poste. Son métier était sous payé par rapport au stress occasionné : coller des timbres face à une file d’attente en colère parce que votre langue fourche et rate sa cible, vous obligeant à recommencer l’opération, reprenant une minute pour, enfin, mettre assez de salive sur le collant pour qu’il puisse décorer la belle enveloppe contenant la lettre à Tante Julia qui a perdue son chat Julio dans un essuie-glaces, était fatiguant. Ainsi, ne fut-il pas dernier à défiler à Paris sous l’ordre du Syndicat vide têtes qu’il sponsorisait, afin de permettre au directeur de se payer une nouvelle cravate et se rendre au meilleur resto afin de profiter de la gréve que son entreprise lançait. André trouvait normal de se mettre en gréve pour protester contre la direction de la cantine qui voulait faire passer de trois pains à deux sous prétexte que l’on ne mangeait pas les œufs pourris en mayonnaise périmée que l’on servait avec. Les pains se perdent, se disait André, et le patronat payerait d’utiliser les fonctionnaires pour gagner plus de fric. André était fier de défiler pour son pain supprimé, fier de s’exhiber devant les SDF et chômeurs qui ne pouvaient traverser la manif pour se rendre au métro direction ANPE. André était pour bloquer le courrier et les colis de vente par correspondance, empêchant celles-ci de travailler, causant des mises à la porte de putains de salariés qui ignorent le stress du timbreur, timbrés qu’ils sont de ne pas profiter de leur trois pains de leur cantoch où ils se goinfrent de caviar et de foie gras, arrosé de champagne. André ne savait pas qu’il rêvait d’un monde qui n’existe pas. André voulait mieux et il se mit à imaginer qu’il n’était pas André mais…

Boum – 3 minutes…

Charles était un paisible retraité. Il avait fait la seconde Guerre et avait travaillé dans les mines de charbon. Maintenant, il profitait de la vie pour voyager, se cultiver, se détendre, prendre du bon temps, sans se presser, savourant le choses les plus banales, les joies les plus infimes comme si c’était les ultimes moments de sa vie. Charles ne craignait pas la mort. Il avait connu la souffrance et rien ne peut être pire que celle-ci. Charles avait des petits enfants à la recherche d’un emploi. Lui, avait connu la Guerre, eux, connaissaient le chômage. Seule la génération 68 est passée au travers des difficultés. Mais Charles restait optimiste : lui aussi avait connu des temps durs et il s’en était sorti. Oui, les jeunes actuels s’en sortiront et pourront ensuite apprendre le vrai sens de la vie comme il le fait actuellement. Les jeunes apprendront que les sitcoms, soap-opéras, McDo, House and Dance Music Méga Groove et autres joints vils de ponts ne sont que des Bigs Chiottes of Merde, car ne contenant que du vide que l’on fait passer pour la réalité. Charles préférait écouter Brel, Brassens, Vivaldi, ou des hits plus récents : Claude François, Dalida, Jarre, Kaas ou ça passe, voir même Elton Jones à l’Indiana. Il ne supportait pas Bardot qu’il comparait à un King-Kong du pauvre. Il aimait flâner dans les forêts que les parisiens trouvent sales car non enfumées et vide de conserves, vide qu’ils s’empressent de combler. Charles aurait aimé naître dans la jungle, sauter de lianes en lianes, être aussi sauvage qu’instruit. Il aurait aimé être explorateur, découvrir de nouveaux mondes. Redécouvrir Athis, Atlantis, l’Olympe et Pellucidar. Il se voyait déjà en haut de l’affiche tenant dans ses bras une créature de rêve, étant l’idole que les jeunes attendent. Il désirait se réincarner en un héros qui vaincrait Hitler avant que celui-ci ne déclare la Guerre. Il rêvait à…

Boum – 2 minutes…

Edouard réussirait son film même avec trois francs six sous de saucissons secs. Ed Jr, comme on l’appelait, voulait que son adaptation de la « Guerre des Mondes » d’H.G. Wells soit la plus grandiose possible. Tant pis si ses soucoupes n’étaient que des sous-tasses accrochées au bout de ficelles tendues au dessous d’un canne à pêche. Ed Jr filmait le rêve et les spectateurs verront ce rêve. Aveuglé par ce rêve, il ne voyait que son désir de rester enfant sans se préoccuper du monde des adultes. Qu’importe le vent, autant que la brise soit rafraîchissante . Vêtu comme une femme, il avait interprété son meilleur rôle dans le premier film de son réalisateur favori : lui-même. Il campait le personnage d’un travesti obligé de se cacher pour vivre sa passion, obligé de n’être qu’apparence alors qu’il était plus que cela. Heureusement, le scénario avait prévu un sublime Happy End où tombaient les masques et où le héros voyait sa chère et tendre tendre le bras à son époux, acceptant sa différence, acceptant son destin. Et le destin de Wood était de réaliser le chef d’oeuvre de la science-fiction, plus fort que « Planète Interdite », plus sidérant que « Métropolis », superman of the picture, le plan neuf venu de l’espace venait d’être tourné avec des bouts de ficelles. Le plan 10 prévoyait la résurrection de zombies par des extra-terrestres. Ed Jr réalisait ses rêves sans se soucier des « on dit… », ne regardant pas les moyens, ne voyant que ce qu’il désirait voir, aveugle aux préjugés, heureux devant son jouet. Hélas le destin ne le comprendra pas et il mourra dans la nudité, après avoir filmé quelques déesses dénudées, rêveur jusqu’à sa déchéance, rêveur et heureux de l’être. Il rêvait souvent d’être soit un astronaute, ou un homme des cavernes, ou un policier, espion, super-héros, président, réalisateur ou…

Boum – 1 minute…

Hairy-Blonde-Polly-A-24

Brenda ne savait pas ou dringuer lors de ce Saturday Night, la « Branlante », trop speed, la « Classa », trop bauf, elle se décida pour aller montre Pussy au « 2P », ou elle souhaitait draguer un ou deux hormones-man qui lui ferait chauffer le gazon. Brenda était pute et fière de l’être. Dire qu’elle hésitait entre chanter les louanges du sacristie dressé en quête d’une vierge chaude, ou jouir des menstruations châtrées du Christ empaillé. Elle avait décidé de faire le partage de son corps, d’aimer les uns des autres, jusqu’à la mort lassée par… lace et part… part laissé son âme se repentir. Brenda craignait une seule chose : le SIDA. Le Christ ne lui aurait pas laissé de maladie en souvenir de ses services. Nul ne peut vivre dans le péché sans pécher de poissons pourris. Le grand danger de sa profession, de foie de poule, était de tomber amoureuse d’un client, oubliant son mari, Bernard, son chers dad, son Charles à doré de père, s’oubliant dans les bras d’André, de passage au Bois de Boulogne, occupé à timbrer la culotte de Brenda sur la trouée enveloppe qu’elle offrait au sacristain. Elle rêvait qu’elle était une comtesse, élevée par des loups dans le pays d’Athis. Elle rêvait qu’elle était domptée à l’age de 10 ans par un ancien professeur appelé Elomire. Elle rêvait qu’elle dormait sous un chêne après avoir tuée un sanglier qu’elle destinait à son repas de midi. Mais Brenda se demanda soudain si son rêve l’était réellement et si la réalité n’était finalement pas imaginaire. André devint singe, un singe qui profitait du sommeil de Silve pour l’attaquer. Réveilles toi, Silve, tout ceci n’était qu’un rêve. Tu n’es pas une Adienne, ni Ille, tu es une femme louve qui s’est assoupie dans son domaine. Tu es…

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FIN

 

Silve est interprétée par Polly A. (https://www.thenude.eu/Polly%20A_6598.htm#Bio). Les photos sont de Natalya Volkova et Vadim Regin. Elles ont été retouchées pour correspondre à l’histoire.

Texte écrit en 1997-1998.

 



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